Claude François, les secrets inavouables

Ce soir sur la Une, enquête sur la réputation d’un chanteur qui aimait trop ses fans, Claude François, les secrets inavouables est aussi - et surtout - un miroir des pratiques tolérées dans le showbiz des années 60 et 70.

Claude François
© DR
Diffusion le 24 octobre à 20h50 sur La Une

Prolongement du film consacré à Julie Bocquet, la fille illégitime du chanteur, Claude François: Les secrets inavouables est une enquête dont les auteurs avancent la pertinence par le malaise et la suspicion que sa mise en chantier aurait provoqués dans l’entourage proche de l’artiste. Jeanne Lefèvre et François Pomès rouvrent le dossier sensible – plus ou moins connu et passablement glauque – des habitudes de Claude François qui aurait entretenu des rapports sexuels avec ses fans dont beaucoup semblent avoir été mineures au moment des faits. C’est d’ailleurs suite à une relation avec Fabienne, jeune admiratrice belge de 14 ans, qu’a vu le jour Julie, confiée à sa naissance aux services d’adoption. Née en 1977, neuf mois avant la mort du chanteur, Julie Bocquet est le fil rouge de ce film qui contient les témoignages de personnalités aussi diverses que l’ex-commissaire Moréas ou Dave.

Si le second n’hésite pas à avancer que Claude François, aujourd’hui, aurait pu avoir “quelques petits problèmes avec la loi”, le premier raconte comment, sur une demande de renseignements venant de Belgique et suite à la relation avec Fabienne, il s’est rendu chez l’artiste pour l’interroger.  Et s’il commence par prendre la chose à la légère – en substance, il pense: encore une invention de fanatique qui prend ses désirs pour des réalités -, il sort désorienté de l’entretien avec Cloclo. Son jugement est catégorique – “C’est un beau salaud” -, pointant un comportement qui ne lui inspire qu’une seule sentence: “Ça me paraissait dégueulasse”.

Le film ne contient aucune révélation – juste le témoignage d’une autre fan belge passée par la chambre d’hôtel du chanteur et d’un prétendu fils illégitime vivant à New York. Il n’en demeure pas moins intéressant dans ce qu’il dévoile du milieu du showbiz des années 60-70 régi par des leviers de domination masculine dont la violence était acceptée de tous. Jeanne Lefevre et François Pomès ont bien raison de préciser que le phénomène des groupies n’était pas le monopole de Claude François, mais était généralisé à un système où les stars masculines abusaient de leur pouvoir afin de disposer du corps des femmes, tout en laissant croire que, dans le fond, c’est elles qui étaient en demande, balayant d’un revers de la main la notion de consentement.

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