Le documentaire du jour: Legacy, notre héritage

Yann Arthus-Bertrand est de retour pour mesurer le prix qu’a coûté notre course à la croissance.

Le documentaire du jour: Legacy, notre héritage
Diffusion le 20 octobre à 20h30 sur RTL-TVI

Photographe de génie, Yann Arthus-Bertrand s’est installé depuis trente ans comme l’une des rock stars du combat écologique. Il traverse le monde pour documenter la beauté du monde et des peuples, capte des peintures naturelles, en mouvement ou immobile. Dans Legacy, il est question d’énergie. Elle transpire de chacun de ses plans et constitue le fil rouge de l’histoire qu’il veut raconter. Comment la nature, les arbres, les animaux et les premiers hommes ont dompté cette énergie pour survivre. Et comment Homo sapiens a dépassé tous ses prédécesseurs pour faire de cette énergie un moyen d’écraser tout ce qui pouvait se mesurer à lui.

Le film est sublime. Yann Arthus-Bertrand est définitivement un faiseur d’images monstrueux. À l’heure du numérique, on en vient même parfois à se demander si ses plans ne viennent pas d’un ordinateur tant ce qui jaillit à l’écran semble parfait. Hypnotisés par la forme, on se laisse entraîner par le fond. Durant une grosse heure et quart, on écoute son monologue. “Il faut avoir le courage de dire la vérité”. Un postulat qu’il défend dans son film, mais aussi en interview. “Quand j’avais 20 ans, je n’avais pas peur de l’avenir. Aujourd’hui, les jeunes ont peur de l’avenir. J’ai envie de leur dire pardon. On ne peut pas leur demander de porter le poids du monde.

Assez intelligemment, il découpe son récit en deux parties. Il rend d’abord compte de toutes ces choses que la croissance a permises. Le recul de la famine, le partage, la collaboration entre les communautés. Et puis, soudain, il en rappelle le prix. “C’est incroyable ce qu’a pu faire l’homme. Mais en fin de compte, on n’aurait jamais dû découvrir les énergies fossiles…” À la manière de Richard Attenborough, Yann Arthus-Bertrand part de son expérience personnelle et déclame son récit à la première personne. Si cela peut parfois agacer, son histoire est tellement riche que ça fonctionne. Seule réserve, le dernier quart d’heure, lorsqu’il regarde littéralement le spectateur dans les yeux. Pour certains, dont nous, le procédé et le texte qui en découle déforcent un peu la puissance des images. Ce qui n’entame en rien l’aspect pédagogique essentiel du film.

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