Petites : l’impact de l’affaire Dutroux sur les enfants de l’époque

Ce 19 octobre, La Trois accompagne les 25 ans de la Marche blanche en diffusant Petites, un puissant documentaire de Pauline Beugnies (Rester Vivants).

Petites : l’impact de l’affaire Dutroux sur les enfants de l’époque
Diffusion à 20h35 sur La Trois

Petites nous raconte l’affaire Dutroux du point de vue des enfants de l’époque. Ils avaient entre 6 et 17 ans en 1996. Devenus adultes, ils se sont confiés à la réalisatrice. La trentaine de témoignages, en français comme en néerlandais, reconstitue les événements.

On suit la disparition de Julie et Mélissa, d’Ann et Eefje, puis de Sabine et Laetitia, à travers les souvenirs des anciens « petits« , qui regardaient le JT sans filtre, entendaient les conversations des adultes… et étaient souvent seuls avec leurs peurs. On a tout à coup froid dans le dos en réalisant ce que ces enfants ont pu voir et que l’on voit, car le film a rassemblé des archives des JT.

Les mots sont d’autant plus forts qu’on ne verra jamais les témoins. Pour les incarner, Pauline Beugnies a choisi de piocher dans des films amateurs, des VHS des nineties. Terrible idée que de confronter ces images du temps de l’innocence à des phrases comme « Le jour où on a vu que Dutroux s’était évadé, j’ai couru dans le fond du jardin pour me cacher » ou « J’étais obnubilée. Ma fixation, c’était vraiment: je suis la prochaine« .

Pauline Beugnies nous explique que son film, s’il questionne le passé, veut surtout faire réagir le présent. « Je pense toujours que l’on aurait pu faire mieux en termes de couverture médiatique mais l’objet de ma colère s’est déplacé. Aujourd’hui dans la classe de ma fille un enfant sur cinq est potentiellement victime de violence sexuelle. Pour moi, c’est insupportable. On en a tellement parlé! On a mis un monstre en prison, l’idée que Dutroux sorte un jour nous rend dingues mais la pédocriminalité continue et on a toujours beaucoup de mal à l’aborder. On culpabilise encore les victimes. On nous a tout balancé à la figure, on a vu des témoignages au JT qu’on regardait en famille où l’on parlait de sévices sexuels dans le détail mais aujourd’hui la parole d’une victime est toujours inaudible. Je veux participer à mettre ça sur la place publique, essayer que les gens s’emparent du film, qu’il devienne un sujet dont on peut débattre« .

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