François Mazure: “Ce programme va permettre d’apprendre des choses”

En vue de moderniser son offre découverte-aventure, la RTBF a sollicité l’ex-présentateur de Sept à la Une pour prendre en charge Un monde à part, nouveau concept sur la chaîne publique.

@RTBF

À quand remonte l’idée d’Un Monde à part?
À deux ans et demi, un peu avant la fin de Sept à la une. Sandrine Graulich, une de mes responsables, m’a demandé où je me verrais dans cinq ou dix ans. La question était aussi intéressante que …rare, mais ça a été l’occasion pour moi d’avancer dans ce que je voulais vraiment faire. Car la hiérarchie ne sait pas toujours! Vous savez, à un moment vous rentrez dans un service et donc dans une case. Donc, je ne me suis donc pas gêné pour dire que j’aimerais faire de grands reportages et des découvertes, soit des choses que je faisais avant d’être journaliste.

Et depuis, pour vous, les planètes se sont donc alignées…
Oui, une nouvelle case s’est libérée, j’étais là au bon moment et …un rêve s’est réalisé! Je sais qu’il faudra tenir et répondre aux attentes mais j’ai étudié la sociologie et l’anthropologie. J’ai d’ailleurs fait mon mémoire dans des montages au Népal, où j’ai passé des mois sans électricité ni eau courante. C’était l’année du 11 septembre… que je n’ai appris que le 30! Comme associatif bénévole, j’ai sillonné une soixantaine de pays, des Philippines au Sénégal, en passant par l’Inde, etc…

Comment s’est passé le tournage?
Depuis l’été dernier, ça a été intense! C’est à partir de janvier que les choses se sont dessinées, malgré toutes les questions liées au COVID. Mais nous devinions que les gens auraient besoin d’évasion, de respiration et de découvertes, à un moment. Du 9 février au 3 mai donc, on a fait la Colombie, le Congo, le Golfe de Gascogne, la côte américaine, celle de l’Asie du sud […]. Et en parallèle, il a fallu monter, développer, faire la promo… Tout ça avec Renaud Hoyois, un cameraman dont le rôle a été important dans la réalisation. Comme on se connaissait déjà, c’était parfait!

Votre but est de créer une émission tant pour la télévision que les réseaux sociaux?
Oui. Vu mon âge, j’ai connu l’ancien monde (rire). Mais j’ai passé beaucoup de temps à voir ce que font les vidéastes anglo-saxons à succès, que je vois partir avec une petite caméra tout seul et sans artifice. Ils racontent juste ce qui se passe, avec leur personnalité et leur style. Et le public adhère, puisque des millions de gens regardent! Côté francophone, c’est plus rare: certains font des voyages touristiques ou sponsorisés, mais nous, on voulait quelque chose de spontané et authentique, tout en alliant ça à du reportage. On propose donc neuf émissions cet été, avec près d’une moitié de reportages achetés à l’étranger. L’important, c’est de s’installer, là!

En ayant comme objectif de toucher…?
…tout le monde! Même si on vit parfois et hélas dans une société où on sépare trop les gens. Là, on veut s’adresser à tous et toutes, dans un langage compréhensible. Il faut que n’importe quel spectateur puisse s’y retrouver. Je ne suis pas là pour donner des leçons, faire du décryptage ou de la grande analyse. Par contre, je suis persuadé qu’on va apprendre des choses simplement en les montrant. Pour moi, tout peut être intéressant si vous le racontez bien et que les gens comprennent. Parfois, je regarde un truc à la TV et je ne comprends rien, tellement c’est élitiste. C’est dommage, car on passe alors à côté d’une émission! – D.H. 

Un écolage de trois ans chez TF1

Auteur de 200 reportages pour le JT de Jean-Pierre Pernaut entre 2006 et 2009, Mazure évoque cet apprentissage: “Avec lui, il fallait d’abord raconter une histoire, avec des personnages et un langage facile”. Selon notre confrère de la RTBF, des événements peuvent être abordés à travers les gens qui les vivent. “Si vous allez faire un sujet sur la grève des fermiers ou sur les manifestations, vous ne devez pas forcément consulter un expert: vous pouvez vous rendre sur les lieux pour voir comment les gens travaillent et quelles sont leurs difficultés. C’est aussi comme ça qu’on saisit les enjeux de notre société!

Ce soir à 20h50 sur La Une

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