Tour de France: sus au(x) Slovène(s)!

Avancé d’une semaine pour ne pas se jouer en même temps que les Jeux olympiques, le feuilleton sportif estival préféré des Belges devait partir de Copenhague. Pandémie oblige, la capitale danoise (d’où le Tour partira en 2022) a cédé son départ à la Bretagne.
 

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Neuf petits mois nous séparant d’un mémorable contre-la-montre au terme duquel le Slovène Tadej Pogacar a fait basculer la dernière édition aux dépens de son pauvre compatriote Primoz Roglic – ce que personne n’avait imaginé, sauf …Eddy Merckx! -, le Tour de France est donc “déjà” de retour, en retrouvant sa place habituelle au calendrier. De quoi rappeler que le cyclisme a été l’un des sports de haut-niveau à avoir le moins souffert de la crise sanitaire. Copenhague étant réquisitionnée par l’Euro de foot qui aurait dû avoir lieu chez elle l’an dernier, les organisateurs, prévoyants, ont donc dû modifier leur ”Grand Départ”, en faisant démarrer leur grande boucle de Brest, déjà hôte de l’épreuve en 1952, 1974 et 2008. Un déplacement géographique qui ne changera rien au spectacle, puisque les deux premières étapes – ces samedi et dimanche, donc – seront particulièrement vallonnées, avec deux belles arrivées en côte. Les purs sprinters devraient donc attendre leur tour au moins jusqu’à lundi, alors qu’un premier contre-la-montre individuel est déjà prévu ce mercredi. Avant un autre à nouveau placé la veille de l’arrivée.

Moins montagneux que d’accoutumée – malgré la double ascension du Mont Ventoux au programme – et comportant plus d’arrivées en descente, cette édition pourrait même convenir  Christian Prud’homme, le patron du Tour, l’a lui-même déclaré! – au champion du monde Julian Alaphilippe, cinquième en 2019 et …récent papa, un élément qui compte, parfois. Absente du palmarès depuis 1985 et la dernière des cinq victoires de Bernard Hinault, la France commence à trouver le temps long. Presque autant que notre pays, tout autant de tradition cycliste, qui patiente depuis le sacre de Lucien Van Impe, en 1976… Ceci dit, pour les bookmakers, le Français fait à peine partie des outsiders. Sans surprise, Pogacar, deuxième plus jeune vainqueur de l’histoire l’an passé, est le favori à sa propre succession, surtout qu’il devrait être moins esseulé dans son équipe qu’en 2020. Roglic, qui a peaufiné sa préparation en montagne, reste évidemment candidat à un premier titre. Deux grands champions issus d’un pays d’à peine deux millions d’habitants: c’est le genre de phénomène qui n’arrive qu’une fois dans l’histoire. On peut dire que c’est au moins aussi exceptionnel qu’une nation d’onze millions d’habitants arrivant à placer deux joueuses de tennis en finale de Roland-Garros, toutes deux atteignant simultanément le toit du monde.

Derrière, les candidats à la victoire voire au podium sont nombreux. De retour après une saison presque blanche, le vainqueur de 2019 (Geraint Thomas), semble en forme malgré ses 35 ans, dans l’équipe (Ineos) de loin la plus forte sur papier, avec Richie Porte (récent vainqueur du Dauphiné), Richard Carapaz (frais lauréat du Tour de Suisse) et Tao Geoghegan Hart, révélé en gagnant le Tour d’Italie 2020. Dire qu’Egan Bernal, qui mise sur un doublé Tour d’Italie-Tour d’Espagne, est absent! Miguel Angel Lopez emmène la colonie d’outsiders, de Simon Yates à Nairo Quintana, en passant par Jakob Fugslang. La France peut aussi compter sur David Gaudu et Guillaume Martin, vu l’inhabituelle double-absence de Thibaut Pinot et de Romain Bardet, alors qu’Alejandro Valverde (41 ans) sera une dernière fois de la partie et que le quadruple ancien vainqueur Christopher Froome tentera de poursuivre son improbable come-back. Sauf énorme surprise, le vainqueur se trouve parmi ces coureurs cités.

Pour les victoires d’étapes, Sam Bennett, Caleb Ewan et Arnaud Démare sont attendus dans les sprints, comme Bouhanni, le Belge Merlier (vainqueur d’une étape au Giro), Nizzolo ou Sagan. Et on retrouvera donc le trio magique des classiques, puisqu’en plus d’Alaphilippe, van der Poel et Van Aert seront bien là. Hirschi devrait être dans les parages. Précisons qu’à peine six jours après l’arrivée sur les Champs-Élysées, pas mal de coureurs en vue sur ce Tour disputeront la course en ligne des Jeux Olympiques de Tokyo, pour succéder à notre compatriote Greg Van Avermaet. Ce 108e Tour sera forcément influencé par cet événement n’ayant lieu que tous les quatre ans. 

Enfin, ce Tour scindé en 21 étapes et long de 3383 kilomètres, a prévu deux jours de repos – les lundis 5 et 12 juillet – et son étape-reine le 14 juillet dans les Pyrénées, après trois jours passés à Andorre, seul autre pays visité par les coureurs cette année. Ce feuilleton estival de trois semaines sera suivi par environ un million de Belges. Qu’on aime ou pas le vélo – à l’instar du football et de l’Euro, d’ailleurs -, on peut saluer la capacité à fédérer que garde ce spectacle annuel. 

En pratique

Diffusé intégralement pour la cinquième année consécutive, ce Tour sera commenté sur la RTBF
par Rodrigo Beenkens. Le Bruxellois de 57 ans entame cette édition en étant affûté, sans événement footeux dans les jambes. Pas mal de téléspectateurs attendent encore d’entendre le
coureur belge qui sera un jour consultant référence auprès de lui: Maxime Monfort (qui a
déjà commenté Liège-Bastogne-Liège à ses côtés) est pourtant retraité depuis presque deux
ans, alors que Philippe Gilbert (qui a déjà, lui, officié sur Eurosport) le sera bientôt. Comme
d’habitude, France Télévisions, Eurosport et Één diffuseront la course.

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