Le paresseux visionnaire

Retour aux sources peint le portrait de Léonard de Vinci, dont on connaît à la fois tout et rien du tout.

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On ne le dit pas assez souvent: les morceaux d’histoire racontés dans Retour aux sources sont toujours passionnants, particulièrement quand ils plantent un décor connu pour en extraire des anecdotes, des personnages ou des instants… méconnus. C’est encore le cas ce vendredi, avec une toile de fond nommée Florence, berceau d’un certain Léonard de Vinci et d’une glorieuse époque que l’on appelle aujourd’hui Renaissance. Vue, étudiée et ressassée à l’école. Célébrée dans les musées du monde entier. Une ère visionnaire, où Léonard le génie naît par un beau jour de 1452, avant de suivre un parcours entièrement voué à son infatigable curiosité. Il apprend la peinture dans un atelier où s’instruit notamment un certain Botticelli. Il connaît quelques déboires – dont une accusation pour sodomie qui le contraint à deux années d’exil – puis revient à Milan pour peaufiner son art.

Un brin vaniteux, l’homme est convaincu de son talent, mais ses humeurs lunatiques et sa paresse avérée vont lui jouer quelques tours. Malgré un esprit bouillonnant, il éprouve des difficultés à finir ce qu’il entreprend. Débordant d’idées, il va remplir des cahiers entiers de notes, de dessins ou de suggestions de traités qui ne se matérialiseront jamais. Ainsi, plus de six mille pages lui servent de C.V. posthume. On y trouve des inventions, des expériences et des croquis par dizaines, qui touchent à la peinture, la philosophie, la sculpture ou l’urbanisme. Autant dire que le gaillard, qui fut longtemps réputé pour son organisation sans faille de fêtes gigantesques, a laissé derrière lui autant d’œuvres enivrantes que de gueules de bois. À peine une vingtaine de tableaux, aujourd’hui, lui sont officiellement attribués. Parmi eux, l’immortelle Monna Lisa, plus célèbre que Madonna alors que notre bon vieux Leonardo, en la dessinant, ne faisait qu’honorer la commande d’un marchand florentin désireux de voir sa troisième femme en peinture…  

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