Ça fée mal

La sorcière de La Belle au bois dormant a-t-elle toujours été méchante? Maléfique répond enfin à la question.

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Elle nous a fait passer des nuits d’angoisse. Depuis 320 ans (Perrault met un point final à son classique en 1697, et les frères Grimm en donneront leur version en 1812), Maléfique, la sorcière de La Belle au bois dormant, fait office de repoussoir, d’épouvantail face à la candide, mais il faut bien l’écrire, et très fade princesse Aurore du célèbre conte. En 1959, Disney la relègue même quasiment dans le décor au profit du prince (charmant) Philippe dans son adaptation animée. Il était donc temps, après toutes ces années passées dans le box des accusés, que Maléfique bénéficie d’un avocat. C’est Robert Stromberg, réalisateur débutant de l’écurie Disney, qui revient sur la jeunesse de la méchante sorcière, histoire de comprendre les raisons de sa colère, les origines du mal. Eh bien, mesdames et messieurs les jurés, tout commence bien dans un royaume enchanteur où Maléfique est une petite fille joviale et douce, régnant avec bienveillance sur des animaux magiques, des trolls et des arbres facétieux. Jusqu’à ce que Stéphane, joli garçon de 16 ans, ne lui fasse une belle promesse sous la forme d’un baiser. Et ne se parjure la seconde d’après, lui coupant littéralement les ailes! Sous son vernis apparent de conte pour toute la famille, Maléfique est donc surtout l’histoire d’une femme trahie, que l’amour déçu va transformer en sorcière. Magnétique en diable dans ses habits noirs, Angelina Jolie est l’incarnation idéale de cette femme déchue. Majestueuse et terrifiante sans la moindre hystérie, elle impose sa présence dans ce film à l’esthétique sublime, qui ne manque pas de grands moments d’aventures. Et réussit la gageure de nous donner envie de prendre enfin Maléfique, pauvre maîtresse méprisée, dans nos bras.  

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