FIFA, ballon rond et corruption sur Netflix : dans les coulisses de cette mafia

Avec sa nouvelle série-docu sur la FIFA, Netflix raconte les coulisses de l'attribution de la Coupe du monde au Qatar, mais aussi le système mafieux de l'instance mondiale du football.

Sepp Blatter suite à un scandale de la FIFA
© BelgaImage

Cela s’appelle " tomber à pic ". À quelques jours du lancement de la Coupe du monde la plus controversée de l’histoire, visée par un nombre incalculable d’appels au boycott, Netflix enfonce le clou en diffusant FIFA, ballon rond et corruption. Une plongée dans l’histoire de la fédération devenue, sous la gouverne du puissant Sepp Blatter, un monstre tentaculaire du football.

Lutte de pouvoir

En quatre épisodes d’une heure, la série-documentaire décortique la montée en puissance de l’organisation. Autrefois rendez-vous amateur, l’institution mondiale est devenue un système digne de la Camorra, empêtré dans de multiples affaires de corruption et de pots-de-vin. Cela a débuté sous la présidence du Brésilien Havelange, mais a pris une toute autre ampleur avec le Parrain Blatter qui a régné durant dix-sept ans. En 1998, lors de son accession au trône, le Suisse avouait déjà avoir mené une campagne "avec des choses permises ou non", comme sur le terrain. Le ton était donné.

Douze ans plus tard, la FIFA ajoute un nouveau scandale à sa liste déjà bien fournie : l’attribution des Coupes du Monde de 2018 et 2022 en une seule annonce à la Russie, pour la première, et au Qatar, pour la seconde. Malgré les efforts de Sepp Blatter lui-même pour que le tournoi de 2022 se déroule aux États-Unis et malgré les rapports d’inspection négatifs. Le président suisse a été pris au piège de ce système qu’il a lui-même créé.

La série explique dès lors comment on en est arrivé à organiser le Mondial du football dans le désert, jusqu’aux arrestations spectaculaires en 2015 d’une dizaine de membres du comité exécutif de la FIFA. Sepp Blatter y échappe – car oui, il y a bien plus pourri que lui, mais finit par couler, lui aussi, pour une autre affaire.

Des témoignages de poids lourds

Si les footeux n’apprendront pas grand chose de nouveau, FIFA, ballon rond et corruption réunit tous ces événements dans une succession qui fait froid dans le dos. Le tout appuyé par des témoignages de poids : Sepp Blatter, qui n’a aucun remords, Jérôme Valcke, son ex-bras droit, Mohammed Bin Hammam, ex-président de la Confédération asiatique de football qui a tenté de prendre la tête de la FIFA, Phaedra Almajid, présentée comme la lanceuse d’alerte " anti-qatar " ou encore Gianni Infantino, l’actuel président de la fédération.

Fouillée et renversante, cette nouvelle série Netflix prouve une nouvelle fois que le sport est bien plus que du divertissement, malgré les dires de ses représentants. Le sport est politique. À voir évidemment avant le lancement de la Coupe du Monde au Qatar ce 20 novembre.

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