The Crown : pourquoi cette cinquième saison nous déçoit

Deux mois à peine après le décès d’Elizabeth II, Netflix lance la cinquième saison de The Crown. C’est un événement.

The Crown
© Netflix

Dans les jours qui ont suivi la mort d’Elizabeth II, les audiences de The Crown ont augmenté de 800 % au Royaume-Uni. Aujourd’hui encore, la série figure parmi les fictions les plus regardées. Cette nouvelle saison était donc très attendue. Mais, certains le regretteront, Netflix déroge à la tradition et ne s’attache pas à relater une décennie entière, clôturant le dixième épisode avec Diana préparant ses valises pour re­joindre les Al-Fayed à Saint-Tropez et Elizabeth II faisant ses adieux au Britannia, le yacht royal qui s’apprête à être déclassé. Un choix pas si surprenant tant les années 90 sont riches en drames et scandales.

Quelques signes de faiblesse

Certains épisodes sont tirés en longueur, et il faudra attendre la saison suivante (en tournage) pour savoir comment les scénaristes évoqueront l’accident qui coûtera la vie à Diana et Dodi. Une saison supposée être la dernière même si on imagine Netflix changer ses plans et prolonger l’aventure. De quoi donner de nouvelles sueurs ­froides aux nouveaux locataires de Buckingham – même si le palais a remporté une victoire en obligeant la plateforme à mentionner que The Crown était une fiction. Plébiscité depuis son lancement en 2016, The Crown montre aujourd’hui quelques signes de faiblesse. Ces dix nouveaux épi­sodes sont presque uniquement focalisés sur le clan. Entre l’incendie du château de Windsor, les ma­riages royaux qui s’effondrent comme des châteaux de ­cartes, la guerre médiatique entre Charles et Diana et l’isolement progressif d’Elizabeth II, la série se détourne du théâtre du monde.

On regrette les choix délibérés de la production, qui exploite sans aucune pudeur le tampongate de Charles et Camilla (une conversation privée à propos des règles enregistrée à leur insu). La volonté est aussi de dépeindre Charles comme un homme prêt à s’en prendre à sa mère pour régner plus rapidement, et de décrire Diana en victime (un épisode complet s’attache à démontrer comment elle a été manipulée par Martin Bashir pour cette fameuse interview octroyée à la BBC en 1995). Ne parlons pas de certains changements de casting… Si les ­personnages de Diana (Elizabeth Debicki) et Philip (Jonathan Pryce) sont frappants de mimétisme, il est plus difficile d’associer les autres personnages à leurs acteurs, qu’il s’agisse de Charles (Dominic West) ou d’Elizabeth II (Imelda Staunton). Malgré ces ­réserves, la série reste parfaitement réalisée et rehaussée par une magistrale bande sonore.

** Netflix

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