Dahmer : pourquoi la série phénomène fait grincer des dents

Alors qu’elle continue son envolée et occupe le top des séries les plus regardées, Dahmer – Monstre, l’histoire de Jeffrey Dahmer ne plait pas à tout le monde, surtout pas aux familles des victimes.

Dahmer; la série fait grincer les dents
© Netflix

C’est la série Netflix la plus regardée lors de sa semaine de lancement, avec un total de 200 millions d’heures de visionnage. La mini-série co-créée par Ryan Murphy fascine et passionne. Et agite la toile.

Mettant en scène les actes atroces commis par Jeffrey Dahmer qui a tué, violé et cannibalisé 17 hommes au cours des années 80-90. D’une cruauté sans nom, teintée de racisme, la série plonge ses spectateurs au cœur même de l’horreur. Ce qui ne manque pas de faire grincer des dents les familles des victimes.

Des familles de victimes traumatisées

Si la série est un véritable succès, il n’empêche que cela reste terriblement douloureux pour les familles des victimes qui assistent à la mise en scène de ces actes à des fins de divertissement. Les blessures restent vives, et le traumatisme est encore très présents.

Dans un essai publié sur Insider, Rita Isbell, sœur d’Errol Lindsey dont la déclaration lors du procès de Jeff Dahmer avait marqué les esprits en 1992 relate son désarroi. "J’ai l’impression que Netflix aurait dû nous demander si cela nous dérangeait ou comment nous nous sentions à l’idée du projet. Je n’ai jamais été contactée au sujet de la série, ils l’ont juste fait", se désole-t-elle.

Même son de cloche auprès de son cousin qui a partagé son ressenti dans un post twitter : "Je ne dis à personne ce qu’il a le droit de regarder ou non, je sais que les true crime sont très populaires, mais si vous êtes vraiment curieux à propos des victimes, ma famille (les Isbell) est en colère contre la série. C’est traumatisant, encore et encore, et pour quoi ? De combien de films/séries/documentaires avons-nous encore besoin ?"

De plus, un des acteurs du cast a également appelé les spectateurs à prendre de la distance avec la série, à ne pas romantiser les faits. Et de se souvenir que derrière la série se cache la triste réalité où des dizaines de vies ont été brisées.

La communauté LGBT en colère

Mais les familles des victimes ne sont pas les seuls à grincer des dents au moment du visionnage de cette série effroyable. La communauté LBGT est également rappelée à l’un des nombreux traumatismes qui jalonnent son histoire.

Pour la communauté LGBT locale, c’est revivre une nouvelle fois l’horreur. Revivre la traque, la peur d’être le prochain, l’impuissance face au système qui refuse de les écouter. Rien de neuf, direz-vous. Ici, c’est une décision de Netflix qui a particulièrement provoqué un sacré tollé.

Il se trouve que la série, au moment de son lancement, était associée au tag LGBT de la plateforme de streaming. Curieux choix de la part de Netflix qui a pourtant toujours associé ce tag à des représentations positives comme Heartstopper, Young Royals ou encore Sex Education. Sur Twitter, cela n’a pas manqué de faire réagir les fans qui ont appelé le géant du streaming à retirer le tag. Ce qu’il a fait sans sourciller, mais sans commenter non plus.

Nouvelle problématique d’un phénomène récurrent

Il parait cependant peut-être pertinent de rappeler que le phénomène n’est malheureusement pas neuf. Les true crimes passionnent autant qu’ils répugnent. A chaque sortie, c’est une levée de bouclier qui s’abat. Le dernier en date ? Extremely Wicked, Shockingly Evil and Vile, le true crime qui suivait le meurtrier Ted Bundy, joué par Zac Efron.

Là aussi, la toile s’était enflammée, sur TikTok le #TedBundy explosait avec plus d’un milliard de mentions au compteur. Les utilisateurs se filmaient en train de recréer des looks du tueur ou encore décidaient de l’incarner dans une ambiance bien glauque. La romantisation des tueurs en séries n’est donc clairement pas exceptionnelle. Et si la nature des crimes de Jeffrey Dahmer donne froid dans le dos, il ne semble pas échapper à la coutume…

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