Les Anneaux de Pouvoir: le pari risqué d’Amazon Prime Video

Fiction la plus chère de l’histoire de la télé, la série - inspirée de l’univers de Tolkien - débarque le 2 septembre avec un objectif commercial: faire entrer Prime Video dans la cour des grands. Un pari risqué.

Les anneaux de pouvoir
Des paysages, des décors dans une débauche esthétique rarement vue. © Prod.

Deux trilogies signées Peter Jackson, dix-sept oscars. C’est ce qu’a donné l’adaptation au cinéma du Seigneur des anneaux, classique fantasy de ­Tolkien. Cinq ans après l’annonce du projet, Prime Video montre enfin Les anneaux de pouvoir, série mastodonte inspirée de l’univers de Tolkien qui devrait – et ça ne serait pas de refus – lui permettre d’engranger quelques abonnements supplémentaires. Si la série est un pari ­commercial, elle est aussi une grosse prise de risque. La communauté des fans peut se montrer intransigeante si elle estime que le produit dérivé de l’œuvre de Tolkien ne respecte pas son essence… Les deux premiers épisodes seront disponibles le vendredi 2 septembre, à partir de trois heures du matin, horaire inhabituel permettant au monde entier d’y accéder simultanément. Les six autres seront mis en ligne à raison d’un par semaine et le final aura lieu le ­vendredi 14 octobre, soit deux jours avant l’épilogue de la première saison de House Of The Dragon. La bataille s’annonce épique, sur et en dehors des écrans.

Après avoir négocié les droits avec la famille de l’écrivain, Prime Video a pris le temps d’affiner son ­projet. Plusieurs scénarios ont été proposés – certains voulaient, par exemple, explorer les aventures du jeune Aragorn – et le choix s’est porté sur la proposition de J.D. Payne et Patrick MacKay. Deux amis, inconnus du grand public comme l’étaient David Benioff et D.B. Weiss aux débuts de Game Of ­Thrones, affirmant “vouloir créer une histoire digne de Tolkien”. Pour mener à bien leur épopée, ils peuvent compter sur un budget impressionnant: un milliard de dollars pour les cinq saisons prévues, catapultant Les anneaux de pouvoir en première place des séries les plus chères de l’histoire.

Les mystères du Second Âge

S’appuyant sur les Appendices de J.R.R. Tolkien – sorte d’annexe aux romans où on retrouve un tas d’informations non développées dans la narration -, les deux showrunners ont longtemps laissé ­planer le doute sur ce fameux scénario “digne de Tolkien”. Lors de la récente Comic-Con de San Diego, J.D. Payne a révélé quelques pistes. “C’est une histoire profondément douloureuse qui montre jusqu’où on peut aller pour protéger les choses qui importent le plus au monde”. Histoire aussi de ­rassurer les plus sceptiques, il a également annoncé que certains événements prenant place dans la première saison ne trouveraient leur conclusion que dans la cinquième (la série est en effet prévue sur cinq saisons) et qu’ils avaient déjà à l’esprit “le dernier plan de l’ultime épisode”. Depuis la diffusion d’un premier teaser en février lors du Superbowl – le plus regardé de toute l’histoire avec 257 millions de vues en vingt-quatre heures -, les premiers secrets de l’intrigue sont levés. Le spectateur sera propulsé au cœur de la Terre du Milieu, au cours du Second Âge – c’est-à-dire quelques millénaires avant les événements racontés dans Le Hobbit et Le seigneur des anneaux et bien avant que Frodon ne cherche à détruire l’anneau unique. Une époque fertile en événements: après la guerre contre le premier Seigneur des Ténèbres Morgoth, l’heure est à la reconstruction pour les Elfes, les Hommes, les Nains et les Harfoot, les ancêtres des Hobbits. Mais un nouveau danger ne tarde pas à planer: la résurgence des forces maléfiques avec, à leur tête, l’impitoyable Sauron. Pour contrer cette menace, il n’y a désormais qu’une seule solution: forger les anneaux de pouvoir et le fameux anneau unique. Ce dernier, en plus de dominer les autres, ­renferme une partie du pouvoir de Sauron. Si ce dernier venait à s’en emparer, il serait dès lors tout-puissant. Les Elfes et les Hommes n’ont pas le choix, ils doivent s’allier.

J.D. Payne et Patrick MacKay aiment le rappeler, “toute quête digne de ce nom a besoin d’une communauté”. Et pour mener à bien les batailles épiques qui s’annoncent, Les anneaux de pouvoir s’appuie sur une galaxie de personnages. On en dénombre vingt-trois, un peu à l’image de la galerie croisée dans Game Of Thrones. Certains de ces protagonistes ont été créés spécialement pour la série – à l’image de l’Elfe Arondir. D’autres descendent directement de l’univers de J.R.R. Tolkien et ont parfois été évoqués dans les films de Peter Jackson. C’est le cas des Elfes Galadriel (Morfydd Clark) et Elrond (Robert ­Aramayo), qu’on retrouve ici dans des silhouettes – évidemment rajeunies – et dans des rôles principaux développant des facettes de leur psyché inexplorées au cinéma.

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