Kanye West: ce que l’on a pensé du premier épisode de son docu

Un nouveau documentaire Netflix retrace le parcours de Kanye West. Des débuts compliqués à Chicago au sommet de l’industrie, en passant par ses coups de folie.

Kanye West dans Jeen Yuhs
Kanye West et sa mère Donda. © Netflix

Orelsan a eu son frangin Clément pour le suivre caméra à l’épaule dans son ascension et ça a donné l’excellent portrait Montre jamais ça à personne toujours disponible sur Amazon Prime. Kanye West a, lui, Clarence Simmons. Clarence croise Kanye dans une fête en 1998, voit en lui le futur du rap game et lui propose de le filmer dans sa quête de reconnaissance. C’est sur base de ses archives (plus de 323 heures!) que s’est construit le documentaire Jeen-Yuhs: A Kanye Trilogy, dont le ­premier des trois épisodes est diffusé depuis ce 16 février sur Netflix.

En swahili, Jeen-Yuhs signifie “le seul et unique”. Le ton est donné. Kanye West, qui jusqu’au bout a exigé un droit de regard sur le montage final, y raconte son parcours en usant et abusant de superlatifs. Et, autant prévenir, il est du genre bavard. En attendant les épisodes 2 et 3 où il ­évoquera notamment ses troubles bipolaires, son soutien controversé à Donald Trump, sa candidature improbable à l’élection présidentielle américaine et la construction de son empire industriel, West évoque dans ce premier volet sa “Vision”. Retour donc à la fin des années 90.  Spotify n’existe pas, YouTube non plus. C’est l’âge d’or du rap américain et du format CD. Les maisons de disques emploient des dizaines de secrétaires, MTV découvre une nouvelle star chaque semaine et les artistes vendent des millions d’albums physiques.

Le jeune Kanye est déjà très ambitieux. En voiture, en studio, dans les bureaux des labels, on le suit entre Chicago et New York dans son parcours du combattant. Ayant fait ses armes comme beatmaker, produisant des morceaux pour Alicia Keys, Scarface et surtout Jay-Z, Kanye veut se lancer comme rappeur et décrocher un contrat discographique. Il ne prend pas rendez-vous, mais s’impose dans le bureau de Roc-A-Fella Records, le label de Jay-Z, où il fait écouter à des employées indifférentes la maquette de “All Falls Down”. Il s’invite dans les studios du rappeur Scarface, décroche une interview dans une radio rap de ­Chicago où l’animatrice ne parvient pas à interrompre son discours truffé de “nigga” et de “you know what I mean”. Le mec, il en veut et finira par signer un deal avec Roc-A-Fella qui va sortir son premier album “The College Dropout” en 2004.

S’il se montre déjà mégalo dans ce premier épisode (on est à mille lieues de l’humilité et de l’humour potache de Montre jamais ça à personne), Kanye touche aussi par sa détermination et la ­relation avec sa mère Donda West, professeur d’anglais, qui l’a élevé seule. Devant elle, Kanye ne fait pas le malin, ne dit pas “fuck” et l’écoute. “Tu fais des morceaux comme Michael Jordan tire des lancers francs, lui dit-elle. N’importe quelle personne qui aime une chose à ce point depuis longtemps ne peut que réussir.” Décédée en 2007, suite à une opération de chirurgie esthétique, Donda était et reste le moteur de la star. Filmés ici à l’arrache, leurs bavardages sont les plus beaux moments de ce premier épisode qui aurait pu être moins bavard et laisser davantage de place à la musique.

*** Netflix

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