The Dropout, une histoire incroyable mais vraie

Naveen Andrews brille en amant et escroc dans The Dropout, la série événement sur Disney+.

Naveen Andrews et Amanda Seyfried dans The Dropout
Le comédien britannique d’origine indienne brille en amant et escroc dans la série événement sur Disney+. © Prod.

En 2003, la jeune Elizabeth Holmes, 19 ans, décide d’abandonner ses ­études de chimie à la prestigieuse ­université de Stanford avant d’avoir terminé sa première année. Brillante, elle ne rêve que d’une chose: être à la tête d’une entreprise à succès, comme Steve Jobs. Elle décide de lancer sa société, Theranos, censée révolutionner les analyses sanguines avec des machines dont les diagnostics ne nécessitent qu’une seule goutte de sang. Un concept révolutionnaire… Un peu trop même, puisque son équipe n’arrivera jamais à lui donner vie. Mais peu importe. Déterminée, elle va séduire les investisseurs et récolter des millions à coups de bluff et de mensonges pendant plus de dix ans, imaginant que son idée finira bien par se concrétiser. Mais la réalité l’a rattrapée bien avant. Une histoire vraie si énorme et culottée qu’elle en est parfois difficile à croire.

Proposé sur Disney+, The Dropout a d’abord été un podcast retraçant l’ascension et la chute de Theranos, avant d’être adapté pour l’écran par ­Elizabeth Meriwether, à qui on doit notamment la sitcom New Girl. Et dans le rôle de Sunny ­Balwani, l’ami (et amant secret) d’Elizabeth ­Holmes devenu président de l’entreprise, on retrouve Naveen Andrews, qu’on a vu récemment dans les séries Instinct et Sense8, mais qui restera pour beaucoup le fameux Sayid de Lost.

Qu’est-ce qui vous a attiré dans ce projet?
Naveen Andrews –
Quand j’ai entendu parler de cette affaire pour la première fois, via des repor­tages sur Elizabeth Holmes dans les médias, ça ne m’avait pas particulièrement intéressé. Le business des entreprises et des start-up, ce n’est pas mon truc… Je suis trop vieux pour ça! Mais dès que j’ai lu le script, il m’a immédiatement plu. Pour moi, cette histoire a des aspects presque shakespeariens. Très honnêtement, elle m’a fait penser à Macbeth, avec Sunny dans le rôle de Lady Macbeth.

Jouer quelqu’un qui a existé est toujours quelque chose de particulier. Sunny, lui, est toujours vivant et son histoire n’est pas encore terminée. Comment cela s’est passé pour vous?
C’était vraiment très étrange et unique à vivre. Surtout que pendant le tournage, les événements continuaient de se dérouler dans la vraie vie. On passait la journée sur une scène et puis, on se dépêchait d’aller voir ce qui se disait au procès ce jour-là. Mais ­bizarrement, tout s’est bien passé pour Amanda et moi. Au premier jour du tournage, nous avons ­discuté de la relation entre nos personnages. Quelle serait sa profondeur, son intensité… C’était comme un coup de poker. On n’était pas sûr à 100 % de faire les bons choix mais on espérait avoir raison. Puis des échanges de messages entre Elizabeth et Sunny ont été dévoilés au public durant le procès, et la scénariste les a intégrés dans le script. Ça a été un vrai ­soulagement pour nous. On s’est rendu compte qu’on n’était vraiment pas loin de la vérité.

Dans une telle situation, est-ce qu’on réfléchit à ce que la personne qu’on interprète va penser de la série?
Au fur et à mesure, on devient émotionnellement impliqué dans la vie de nos personnages. On a un peu l’impression qu’ils nous appartiennent. Et dès lors, comment ne pas être inquiet pour eux?

Est-ce que le fait que le procès se déroulait en parallèle du tournage vous a influencé?
Cela ne pouvait pas du tout m’influencer. C’était très important de ne pas porter de jugement sur nos personnages. Il ne fallait pas que ce que nous pensions, nos valeurs, notre morale individuelle, pèse sur ces êtres humains que nous essayions d’incarner.

The Dropout est une série dramatique avec des accents humoristiques. Comment avez-vous vécu ce mélange des genres?
Je trouve que le côté absurde que Michael amène se combinait brillamment avec les scénarios de Liz. Mais cette absurdité, je l’ai trouvée personnellement très sombre. Oui, on rigole mais on est mal à l’aise. On se demande si on est supposé apprécier ces scènes ou trouver ça drôle. On a l’impression qu’on ne devrait pas!

Effectivement, certaines scènes semblent trop absurdes pour être vraies.
C’est une histoire incroyable, au sens littéral. On se demande comment ils ont réussi à s’en tirer. Et ça soulève des questions assez globales sur la confiance et la crédulité des êtres humains.

Comment interprète-t-on de manière crédible une histoire incroyable mais vraie?
Il faut qu’elle devienne notre propre réalité… Quand on aborde ce genre de scènes, il faut en faire abstraction.

Est-ce que vous pensez, et espérez, que les vrais Elizabeth et Sunny regarderont The Dropout?
Je pense qu’ils vont le voir, mais je ne sais pas si c’est à moi d’espérer qu’ils le fassent (il sourit). Quelle drôle de situation… S’il y avait un film sur votre vie ou sur ma vie, est-ce que nous le regarderions? Est-ce que nous en aurions vraiment envie? Je crois que je demanderais à des amis de me dire ce qu’ils en pensent.

Crédible et pop

Inventing Anna, WeCrashed… Décidément, ce début d’année 2022 est placé sous le signe des histoires vraies d’arnaques et autres escroqueries côté séries. The Dropout se démarque des autres grâce à son héroïne aux dents longues, Elizabeth Holmes, sans elle la même histoire n’aurait pas la même saveur. Le casting apporte également beaucoup. Il suffit d’observer quelques vidéos de l’époque Theranos pour voir à quel point Amanda Seyfried joue juste. Naveen Andrews y est très crédible aussi, tout comme les excellents acteurs des seconds rôles (Stephen Fry, William H. Macy, Laurie Metcalf…). Enfin, la bande originale à base de pop des années 2000 est la cerise sur le gâteau.

*** Disney+

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