Fausse agression raciste: l’acteur de la série " Empire " risque trois ans de prison

L'acteur américain Jussie Smollett a été reconnu coupable par un tribunal de Chicago d'avoir mis en scène en 2019 une agression raciste et homophobe dont il aurait été victime et qui avait provoqué une vague d'indignation à l'époque aux Etats-Unis.

Jussie Smollett
Belga

Le comédien âgé de 39 ans, afro-américain et homosexuel, était accusé d’avoir " planifié " une fausse agression en payant 3.500 dollars deux frères d’origine nigériane, et d’avoir menti plusieurs fois à la police dans ses dépositions. La sentence sera prononcée ultérieurement. Il encourt une peine maximum de trois ans de prison, mais pourrait seulement être condamné à des travaux d’intérêt général.

L’acteur, qui plaidait non coupable, a toujours assuré avoir été attaqué en pleine nuit le 29 janvier 2019 dans une rue de la métropole du nord des Etats-Unis. Deux hommes masqués, affirmant être des partisans du président Donald Trump l’auraient frappé en proférant des insultes racistes et homophobes et lui auraient mis un noeud coulant autour du cou.

" Les fausses plaintes causent des dégâts réels "

Selon ses avocats, Jussie Smollett a été agressé par Abimbola et Olabinjo Osundairo, deux frères rencontrés sur le tournage d' "Empire ", qui étaient motivés par l’argent et dont l’un était homophobe. Mais pour l’accusation, l’acteur vedette de la série télévisée à succès " Empire " a manigancé l’attaque pour faire avancer sa carrière et parce qu’il reprochait aux studios de production de ne pas avoir réagi après la réception d’une lettre et d’un appel téléphonique de menaces. Les deux frères qui n’étaient pas poursuivis, avaient livré la semaine dernière des témoignages accablants contre l’acteur.

Cette affaire avait provoqué un choc dans un pays encore fortement marqué par les discriminations raciales et sexuelles. Jussie Smollett avait reçu le soutien de nombreuses personnalités du monde politique et culturel.

Les images de télésurveillance, l’examen des données téléphoniques des trois hommes et de vidéos avaient toutefois rapidement semé le doute chez les enquêteurs qui avaient conclu à une mise en scène. " Les fausses plaintes causent des dégâts réels ", avait déclaré Eddie Johnson, alors chef de la police de Chicago, accusant M. Smollett d’avoir " exploité la douleur et la colère issues du racisme ".

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