Loch Ness : thriller sans ambition

Distrayant, ce Loch Ness se laisse regarder sans trop faire de vagues, faute d’ambition. Dommage.

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Et si un monstre hantait véritablement le Loch Ness? Dans la petite bourgade de Lochnafoy, qui borde le plus célèbre lac d’Écosse, l’officier de police Annie Redford (Laura Fraser, vue dans Breaking Bad et Better Call Saul, ici avec Siobhan Finneran) enquête sur le décès d’un homme tombé d’une falaise. Quand il s’avère qu’une partie de son cerveau a été prélevée, et que le cœur d’un autre individu est découvert dans les heures qui suivent, il apparaît clair que ces morts ne sont pas l’œuvre d’une créature fantastique, mais bien celle d’un serial killer de chair et d’os qui sévit au sein de la petite communauté et compte récidiver…

Loch Ness (The Loch, en anglais) appartient à cette salve de “séries policières d’atmosphère”, comme Broadchurch ou Top Of The Lake. Au même titre que les paysages ardennais dans La trêve ou Ennemi public, les landes des Highlands écossais où se déroule le récit entretiennent naturellement une ambiance mystérieuse mais pas suffisamment inquiétante pour faire de cette anthologie une production qui compte. La série ne manquait pourtant pas d’arguments avec une intrigue séduisante sur papier, des personnages à la psychologie intéressante quoiqu’un peu stéréotypée, et un certain sens de la mise en scène (magnifiques plans aériens des paysages écossais, au point que la production donne parfois le sentiment d’en abuser…). Les showrunners ont malheureusement préféré ne pas développer le côté glauque et macabre de l’enquête, comme l’avait fait True Detective, pour se lancer dans un “jeu de société” façon Les loups-garous de Thiercelieux où chaque villageois renferme une part d’ombre suffisamment grande pour l’envoyer dans le rang des suspects. Mauvais choix, mais la courte durée du récit (6 x 60 minutes) sauve les spectateurs de l’ennui.

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