Tac au tac avec Marc Vossen: "J’ai ce rêve depuis longtemps"

Après avoir fait de Nostalgie la radio la plus écoutée, Marc Vossen est à deux mois de la retraite. Bilan et projet.

Marc Vossen
© David Plas

Le 30 mai, vous partez à la retraite et vous quittez vos fonctions de directeur de NGroup qui rassemble Nostalgie, NRJ, Chérie et Nostalgie+. Qu’allez-vous faire le matin du premier juin? Préparer vos affaires de pêche? Regarder votre collection de timbres?
(Rire.) Non, je n’ai pas de collection de timbres. Je pense que je vais me poser sur la terrasse, regarder le paysage et la nature. Ceci dit, pour reprendre votre mot, je ne pars pas à la retraite et je ne bats pas en retraite, je serai plus en phase avec l’évolution climatique et je vais beaucoup moins consommer.

Pensez-vous que vos équipes vont vous regretter?
Oui. Elles vont regretter l’être humain que je suis, mais elles ne vont pas regretter l’évolution des choses ­puisque tout est prévu pour faciliter le succès de mon successeur, Kim Beyns.

Vous avez passé 42 ans dans le secteur des médias, et plus particulièrement dans celui de la radio, qu’avez-vous appris des hommes et des femmes avec qui vous avez travaillé?
C’est une bonne question… John Lennon disait “Rêver seul reste un rêve, rêver ensemble devient la réalité”. C’est ce que j’ai le plus appris: quand des hommes et des femmes se mettent ensemble pour défendre un projet commun, on peut réaliser des choses formidables.

Pourquoi Nostalgie, qui ne diffuse pratiquement que des oldies, est-elle la radio la plus écoutée des Belges francophones?
Je pense que le monde a besoin d’être rassuré et, dans ce que propose ­Nostalgie, on sait à quoi on doit s’attendre, et on est cocooné. Il y a aussi une notion de bienveillance. Chez nous, quand un animateur prend l’antenne, il ne parle pas à des milliers de personnes, il parle à une personne – ça change tout. Et puis enfin, dans notre entreprise, il y a un esprit qui met l’être humain au centre des préoccupations. Bien sûr, il faut faire du profit, mais jamais au détriment de l’humain.

Vous avez écrit un livre avec Valérie Malisse – Balancez vos ondes positives – et vous défendez l’idée d’entreprise libérée.  C’est quoi, l’entreprise libérée?
C’est libérer la capacité d’entreprendre. Voir chacun et chacune déployer son plein potentiel. Donner tout ce qui est nécessaire en termes de formation pour pouvoir être au maximum.

Certains disent que c’est bullshit…
Mais je m’en fous parce que ça marche. Dans l’entreprise libérée, le patron n’est plus au sommet de la pyramide. Il faut servir sans s’asservir ni se servir.

Vous donnez des formations en entreprise. Vous allez continuer?
Exact. Je le fais pour des jeunes entrepreneurs, des banques, des sociétés pharmaceutiques. J’aime l’idée qu’un saltimbanque aille dans une banque.

Qu’est-ce que vous n’avez pas encore réussi dans votre vie?
Depuis que j’ai l’âge de 10 ans, je rêve d’être comédien et donc je vais faire un seul en scène… Le texte est en train d’être écrit par Dominique Breda, on jouerait en septembre au Centre culturel d’Auderghem.

Et ça s’appelle comment?
Confessions d’un superhéros, mais le titre est provisoire…

Vous allez raconter l’histoire de la soul comme Marc Ysaye a raconté l’histoire du rock sur scène…
Non, pas du tout, c’est un rôle de ­composition. Je ne sais pas ce que ça donnera, je vais peut-être me planter lamentablement… J’espère avoir deux spectateurs en plus de ma femme. Mais si on est sur terre pour réaliser nos rêves, et comme j’ai ce rêve depuis longtemps, je vais le tenter.

Sur le même sujet
Plus d'actualité