Les oreilles grandes ouvertes pour le Brussels Podcast Festival

La troisième édition du Brussels Podcast Festival démarre jeudi et se tiendra jusqu'à dimanche. La thématique de cette année est le podcast comme moteur de changement social. Elle sera déclinée à travers des séances d'écoutes en avant-première, des ateliers, des débats ou encore des spectacles.

Les oreilles grandes ouvertes pour le Brussels Podcast Festival
Belga

Un podcast, c’est une création audio numérique que l’on peut écouter n’importe où et n’importe quand. Le mot " podcast " est né de la contraction au milieu des années 2000 de " iPod " et " broadcast " (qui signifie diffusion en anglais). Le secteur bouillonne depuis des années aux Etats-Unis et en France, et gagne du terrain en Belgique aussi.

" En tant que programmateurs, on a eu plus de propositions belges que jamais ", explique Morgan Liesenhoff, coordinatrice du Brussels Podcast Fetsival (BPF). " Les gens qui se mettent à la création de podcasts ou qui en écoutent sont de plus en plus nombreux, d’autant plus après les confinements successifs. " Pour preuve, les podcasts belges représentent cette année pas moins de 80% de la programmation du festival.

Progression du podcast en Belgique

Jeudi, le BPF débute avec une journée réservée aux professionnels du secteur. Les billets pour les activités de la journée sont partis très vite, dit Morgan Liesenhoff. Un autre signe de la progression du podcast en Belgique, selon elle.

Le Brussels Podcast Festival propose une multitude d’écoutes en avant-première autour du thème du changement social. Le public pourra notamment découvrir le documentaire radiophonique " De la madre à la guerrière " de Latifa Elmcabeni et Maud Girault, qui évoque le combat d’une mère contre les violences institutionnelles et policières dont elle est témoin.

Le podcast " Faut (d)oser! " (ASBL Commun un lundi et Les Pouces) vise, quant à lui, à libérer la parole de jeunes filles sur leur place en tant que femmes racisées dans un quartier populaire à Bruxelles. Elles abordent les inégalités de genre, les relations intimes, les discriminations et le féminisme, en lien avec leur origine culturelle et religieuse. " Toute la programmation est assez engagée en réalité, ça a été le fil rouge de cette édition ", commente Morgan Liesenhoff.

Programme bilingue

Le programme se fait par ailleurs de plus en plus bilingue, avec des écoutes et des enregistrements de podcasts en néerlandais, en grande partie surtitrés en français par des étudiants de l’UCLouvain. " Waarom ", par exemple, est un spectacle surtitré en français, dans lequel Eva Moeraert raconte l’histoire de deux adolescents qui ont décidé de mettre fin à leurs jours ensemble en 1997. La performance est basée sur le premier épisode d’un podcast très marquant en Flandre, dans lequel Eva Moeraert a tenté de trouver la vérité, 22 ans après les faits.

Le Brussels Podcast Festival est produit par l’Atelier 210, qui accueille une grande partie des événements. La " Nuit du podcast " aura par contre lieu à Liège, à la Grand Poste. Des podcasteurs et podcastrices belges se réuniront dans un studio pendant toute une soirée, l’occasion d’enregistrer le plus long podcast de Belgique (et bilingue!).

" Le podcast est un nouveau médium "

" En réalité, le podcast est un nouveau médium, qui apporte des sensations différentes en fonction de ce que l’on écoute ", décrit Morgan Liesenhoff. " Il s’invite dans nos vies comme la musique peut le faire; pendant qu’on cuisine, sur la route… Mais il apporte aussi quelque chose du livre. C’est la magie quelque part entre la musique et le livre. "

En fin de festival, les meilleurs podcasts natifs belges francophones seront récompensés à travers quatre distinctions: le prix de la meilleure fiction ou du meilleur docu-fiction ; le prix du meilleur documentaire ; le prix de la meilleure enquête – entretien ; et le prix du public. Ils seront remis dimanche soir lors d’une cérémonie de clôture.

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