Présidentielle française: pourquoi les médias belges annonceront les résultats avant la France

Une fuite massive des lecteurs français vers les médias belges se produira ce dimanche, comme à chaque élection présidentielle française.

candidats à l'élection présidentielle française
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Ce dimanche, à l’occasion du premier tour de l’élection présidentielle française, les médias, dont Moustique, suivront de près la sortie des urnes. Le duel Macron-Le Pen aura-t-il lieu, comme les sondages le présagent? Ou y aura-t-il une surprise Mélenchon ou Zemmour? Les premières tendances du scrutin se dévoileront dès l’après-midi, mais seulement en Belgique et en Suisse.

Les médias français, eux, devront attendre 20h avant d’annoncer les deux candidats au second tour. Pourquoi? L’article 2 de la loi électorale du 19 juillet 1977 interdit, du vendredi minuit au dimanche à 20 heures, "toute publication, diffusion ou commentaire de nouveaux sondages relatifs à l’élection présidentielle" aux médias, aussi bien pour la presse écrite ou en ligne, la radio et la télévision. Mais la règle s’arrête aux frontières françaises. Absurde depuis l’arrivée massive d’internet et l’ouverture par la même occasion des frontières de l’information.

Lourde amende

Grâce à cet embargo, l’élection présidentielle française est devenue une aubaine pour les médias belges, qui enregistrent des audiences record. En effet, avant 20 heures, les internautes hexagonaux consultent en masse des sites étrangers, francophones de préférence, pour suivre l’évolution du scrutin. Mais gare à celles et ceux qui oseraient partager ces informations.

Les citoyens français sont, eux aussi, soumis à cette contrainte, avec la menace d’y perdre quelques plumes. Toute personne qui dévoilerait des chiffres en lien avec le résultat de l’élection de vendredi à minuit jusqu’à dimanche 20 heures risque en effet jusqu’à 75.000 euros d’amende, précise le code électoral.

#RadioLondres

Sur Twitter, les internautes aiment le goût du risque. Certains Français s’organisent pour balancer les tendances du scrutin, parfois erronées, grâce à des messages codés, sous le hashtag #RadioLondres. Et ce, non sans humour. En 2017, Macron était ainsi présenté comme "celui qui marche" ou "le gamin". Un jeu qui risque de faire son grand retour ce dimanche. Pour notre plus grand plaisir.

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