Air Jordan, l’histoire d’une basket culte

C’est LA basket de l’année, pourtant elle date de 1984. La Nike Air Jordan s’offre un docu en clair-obscur.

Air Jordan, l’histoire d’une basket culte
Diffusion le 12 octobre à 20h30 sur Be1

Même Billie Eilish en a dessiné une, vert fluo forcément, en édition limitée évidemment. En 2021, la basket de la star de la NBA est plus qu’en vogue et ses éditions spéciales, sold out dès la sortie, s’arrachent à prix d’or sur les sites de vente online et envahit les cours de récré comme les agences de pub. Pourtant, quand Yemi Bamiro (réalisateur pour Vice notamment de Gaycation et Hate Thy Neighbour) a décidé de lui consacrer un film, elle n’est pas à ce point de hype.

L’œuvre (On Man And His Shoes en V.O.) lui a en effet pris sept ans d’enquête. D’un reportage sur une collection, le documentaire a pris de l’ampleur au fur et à mesure que le réalisateur investiguait son sujet, découvrant à quel point cette chaussure iconique avait marqué la pop culture, mais aussi révélé l’évolution de la société. Dès lors, l’histoire d’une basket culte ne se contente pas de faire l’historique d’une success story de 35 ans. Bamiro y a pris un sacré recul et nous décrit un phénomène. On en veut pour preuve que Michael Jordan lui-même ne figure pas au nombre des témoins convoqués pour raconter l’histoire. Parce que, et c’est le réalisateur qui le dit, l’objet a depuis longtemps dépassé son créateur (quel ado d’aujourd’hui associe le sportif à ses shoes?). Par contre, il interviewe d’autres protagonistes, comme un ancien directeur marketing de Nike ou l’agent du sportif…

On y découvre le flair de la marque, qui a investi sur le joueur avant même que sa carrière n’explose, mais aussi la stratégie marketing bien rodée de la frustration des fans à coup de collections spéciales exclusives, toujours en cours à notre époque (plus que jamais, même). Son récit nous prend aussi par surprise, lorsqu’il verse dans la tragédie et nous montre le meurtre de jeunes gens, tués pour une paire de pompes… On pensait voir un film sur un objet pop culte, on découvre un documentaire de société, au propos bien plus large qu’il n’y paraissait.

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