Les réseaux de la colère

Pour voir le pire d'Internet, on a l'habitude de trifouiller ses bas-fonds. Cette fois, pas besoin.

Les réseaux de la colère
Diffusion le 10 octobre à 22h40 sur La Une

La haine n’est pas l’apanage des réseaux sociaux, mais ils ont bien contribué à la banaliser. Aujourd’hui, se faire insulter virtuellement jusqu’à sa douzième génération pour une prise de position, une mauvaise blague ou une maladresse est devenu le quotidien de beaucoup d’utilisateurs. Des armées de haters sont même montées pour désorienter ou décourager des militants et militantes. Allez en parler aux féministes, aux personnes transgenres ou racisées ou aux écolos qui tentent de porter des messages d’inclusion sur les réseaux, le traitement qui leur est infligé est tout simplement effrayant. Parfois, de plus en plus souvent d’ailleurs, cela va jusqu’au harcèlement.

Mais qu’en est-il vraiment de la haine en ligne? Comment est-elle apparue? Le film de ce soir revient sur les débuts du Net, quand elle se contenait principalement au sein de forums confidentiels ou d’un darknet introuvable. Durant une heure, on analyse et on écoute. Parce que Hélène Lam Trong a le courage, ou la folie, d’aller à la rencontre de ceux qui justifient leur haine, de ceux pour qui elle fait totalement partie de l’ADN du Web. Elle met aussi le doigt sur la responsabilité des plateformes. Ces réseaux dits sociaux qui boostent les messages les plus radicaux via leurs algorithmes pour provoquer un maximum de réactions. Résultat: des insultes qui auraient dû se perdre dans les méandres du Net deviennent des Top Tweets et sont vues par des milliers d’internautes.

En analysant ce qu’il s’y passe, Hélène Lam Trong prédit peut-être le monde dans lequel nous vivrons à la sortie d’une pandémie qui a encore un peu plus polarisé la société. Une polarisation qui s’est largement renforcée avec l’aspect ”Café du Commerce” qu’ont pris les réseaux sociaux.

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