Bartabas, l’homme qui parlait avec les chevaux

Avant le lever du soleil sur les écuries de Versailles, Bartabas, le poète écuyer s’unit à sa monture, Tsar, dans un moment de zen.

Bartabas, l’homme qui parlait avec les chevaux
Diffusion le 8 octobre à 22h25 sur France 5

Depuis 1984, le nom de Bartabas se confond avec celui de Zingaro, la plus célèbre des troupes de théâtre équestre. Cet homme centaure, cet artiste puriste, a transformé son art et exploré durant toute sa carrière le lien subtil qui l’unit à l’animal, centre de son travail et de ses spectacles. Ce film nous le montre en action, dans une séance de monte matinale avec Tsar, géant sombre d’1m95 au garrot, ”un monstre couleur d’abyme”.

Il ne s’agit pas ici de voltige, de pirouettes ou de sauts d’obstacle. Tout se passe dans la retenue, dans le pas juste, dans le mouvement mesuré, concentré, de l’un et de l’autre, homme et animal. Ces images d’aujourd’hui, en noir et blanc, filmées dans le magnifique décor des écuries de Versailles (qui abritent l’école de spectacle équin qu’il a fondée en 2003), sont soutenues par une voix off de Bartabas lui-même, qui lit des extraits de son autobiographie, D’un cheval à l’autre (parue en 2020 chez Gallimard). ”Au crépuscule de ma vie je ne veux toujours pas renoncer à mes rêves et tu es là pour les exaucer”, dira-t-il ainsi en ouverture à Tsar, son pur-sang blessé à l’épaule, alors qu’ils arpentent le sable de la piste.

Au fil des réflexions et des mouvements de l’animal, guidé de façon quasi invisible, comme par télépathie par son cavalier, on se prend à ce rythme quasi-hypnotique, on rejoint le duo dans l’instant. ”Il est la force, le mouvement. Je suis le passif, le lâcher prise. Il est l’énergie, je suis la pesanteur. Il domine son sujet, je me soumets à lui. Il est la montagne, je suis la rivière. Il est le yang, je suis le yin. Avec lui je ne suis plus seul dans ma peau. Il danse pour moi, il se livre et se délivre et je ressens quelque chose de très haut”.

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