Le film du jour: Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary

Après la Russie tsarine de Tout en haut du monde, Rémi Chayé revisite au galop l’enfance de Calamity Jane dans un dessin animé féministe à la sidérante beauté.

Le film du jour: Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary

Diffusion le 26 septembre à 20h30 sur Be1

L’histoire de la conquête de l’Ouest, tissée de légendes et de contrevérités historiques a toujours entretenu son propre mythe. Et John Ford, le grand réalisateur de westerns fondateurs de la nation américaine de confirmer cette réalité du storytelling américain avec la célèbre citation de son film L’homme qui tua Liberty Valence, qui disait: “Si la légende est plus belle que la réalité, imprimez la légende”. Mais de cette “réalité augmentée ” qu’est le mythe, il ressort toujours un peu de vrai.

Ainsi de l’histoire de Calamity Jane, la femme la plus célèbre de la Frontière, à laquelle Rémi Chayé (réalisateur du magnifique Tout en haut, qui contait les aventures d’une petite fille déterminée dans la Russie tsarine) redonne une enfance fantasmée et bourrée d’aventures passionnantes. Chayé s’est visiblement renseigné auprès d’historiens, car en effet, comme dans son histoire, la petite Martha Jane (pas encore surnommée Calamity) et ses parents fermiers surendettés du Middle West se sont lancés au milieu des années 1860, sur la route de l’Ouest et des gisements aurifères pour rêver à une vie meilleure. Très rapidement, Martha Jane est livrée à elle-même, obligée de s’occuper seule de ses cinq frères et sœurs et d’assurer leur subsistance.

Assis sur ce fonds historique, ce très beau dessin animé n’élude pas tout à fait la rudesse du parcours de la petite, expliquant par là sa quête d’identité, son comportement “de garçon” et son caractère s’affirmant toujours plus rebelle. Une merveilleuse façon de présenter l’histoire d’une petite fille qui brise les carcans d’une société patriarcale en “mettant le pantalon”. Sans jamais surligner son propos post-“balance ton porc”, Chayé signe une œuvre féministe divinement divertissante qu’il enchante davantage encore dans des aplats de couleurs subtils d’une savante et indicible beauté. Pas de doute, le Français est bien “tout en haut” de l’animation européenne.

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