La série du jour: Une affaire française

Depuis 36 ans, l’affaire Gregory fascine. La fiction s’empare du sujet. Résultat, une série qui ne plait pas à tout le monde.

La série du jour: Une affaire française

Diffusion à 20h55 sur La Une

Le 16 octobre 1984, à Lépanges-sur-Vologne, Christine Villemin signale la disparition de son fils, Grégory, 4 ans. Quelques heures plus tard, le corps du garçonnet– mains et tête liées – est retrouvé dans la Vologne, une rivière qui parcourt cette région des Vosges. Un meurtre sur fond de vengeance familiale pour lequel personne n’a encore été reconnu coupable, 36 ans après les faits. Après avoir été exploité à de multiples reprises dans la littérature et dans des documentaires (le plus complet reste Gregory, sur Netflix), le fait divers le plus célèbre de France fait l’objet d’une première saison dans Une affaire française, collection de fictions inspirées de grandes affaires criminelles. En quelque sorte, une version française de American Crime Story, produite par Ryan Murphy et dont la troisième saison, consacrée à l’affaire Lewinsky vient de débuter aux Etats-Unis.

Le choix du sujet n’est évidemment pas anodin. Dès ses débuts, l’affaire a suscité l’emballement médiatique, et les dérives qui l’accompagnent. Ajoutez une enquête tortueuse, un juge pas rompu à ce genre de dossier et surtout, de multiples rebondissements. Pour autant, les producteurs tiennent à souligner que la série – dont l’action se situe entre 1984 et 1987 – est «inspirée de faits réels». C’est dans cet interstice où la fiction est possible que la série se distingue. Certaines scènes sont nées de l’imagination des scénaristes, comme par exemple les moments d’intimité du couple Villemin. Et n’imaginez pas suivre une enquête policière classique, comme l’explique Gérard Jugnot qui incarne Maître Garraud, l’avocat de Christine Villemin: «A aucun moment il n’y a une volonté de juger, d’accuser – même si l’enquête n’a pas été super bien menée – ou trouver le coupable. On contextualise une énigme judicaire et dresse surtout le portrait d’une époque où existaient déjà la rumeur et les fake news.» Des précisions qui n’apaise pas les parents de Gregory, non consultés pour le projet tout comme les autres protagonistes de l’affaire. Une volonté des producteurs, qui l’expliquent dans le communiqué de TF1: «Nous voulions rester objectifs. Rencontrer des personnes impliquées nous aurait peut être fait ressentir plus d’empathie et cela aurait pu modifier la sensation que l’on aurait eue de cette affaire».

La production (dans laquelle est impliquée la RTBF) s’est donné les moyens de son ambition. On évoque un budget de 8 millions. Un soin tout particulier a été apporté aux décors qui nous replongent instantanément dans l’environnement de l’affaire. Quant au casting, il aligne , dans le rôle des parents Villemin, Blandine Bellavoir et Guillaume Gouix, impressionnant de justesse. A leurs côtés, Dominique Blanc, Michael Youn, Guillaume de Tonquédec, Thierry Godard, Gérard Jugnot qui nous a dit combien le projet lui avait plu: «C’était très intéressant de jouer là où on ne m’attend pas. Il y a un coté tragédie grecque dans cette affaire ». Une tragédie qui a coûté la vie à un bonhomme de 4 ans.

Sur le même sujet
Plus d'actualité