Robert Badinter, la vie avant tout

Le 18 septembre 1981, Robert Badinter rentrait dans l’histoire de la France.

Robert Badinter, la vie avant tout
Paris Robert Badinter dans son bureau parisien
Diffusion le 13 septembre à 21h05 sur France 3

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Députés, j’ai l’honneur au nom du gouvernement de la République de demander à l’Assemblée nationale l’abolition de la peine de mort en France.” Ce sont les mots prononcés par Robert Badinter, garde des Sceaux, le 18 septembre 1981. Ce même jour, le projet de loi qu’il porte depuis tant d’années est enfin adopté. Enfin, l’aboutissement d’une longue bataille. Avant lui, Victor Hugo, Jean Jaurès et bien d’autres avaient déjà mené le même combat.

Robert Badinter est un être à part, aussi pudique que combatif. De ses opinions, nous savons tout. Il les a toujours portées fièrement, sans rien cacher. D’où lui vient cette détestation profonde de l’injustice? Comment s’est-il forgé ses convictions? Où trouve-t-il l’énergie de porter si haut les valeurs républicaines? Dans ce documentaire, Robert Badinter (93 ans) et ses proches racontent eux-mêmes l’Histoire. L’homme politique a écrit que son enfance a pris fin le 10 mai 1940, quand l’Allemagne nazie a lancé sa grande offensive en Europe de l’Ouest. En quelques semaines, l’armée du Troisième Reich balaie les troupes françaises. “Nous vivions à cette époque-là dans la nuit”, confie-t-il. Le 9 février 1943, la Gestapo arrête Simon Badinter. Robert ne le reverra jamais. Cette blessure inguérissable le marquera pour toujours.

De cette épreuve, Robert Badinter en tirera une règle simple: “Il ne faut pas être prisonnier du passé […] la vie est plus forte que la mort.” Par honneur pour ce père tant aimé, il se tourne vers l’avenir. Il se plonge dans des études de droit à la Sorbonne jusqu’à parvenir au statut d’avocat brillant et réputé. Au début des années 70, il devient un fervent militant pour l’abolition de la peine de mort. Ce combat, celui d’une vie, Robert Badinter pourra le mener à terme grâce à l’élection de son ami François Mitterrand.

 

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