L’autre série du jour : Roadkill

Hugh Laurie, l’ex-Dr House incarne un ministre véreux pour une nouvelle série britannique.

Roadkill @Prod
Diffusion le 22 août à 20h30 sur Be1

Peter Laurence est l’homme politique le plus populaire de Grande-Bretagne. Un conservateur décontracté qui prône le progrès. L’ancien vendeur de meubles séduit les foules avec ses opinions franches qu’il exprime dans une émission de radio hebdomadaire. “Les gens préfèrent être dirigés par des personnages plutôt que par des zombies”, s’enthousiasme-t-il. Cependant, l’épisode d’ouverture de Roadkill laisse présager pour Laurence un avenir plutôt sombre. Il vient de remporter son procès contre un journal qui l’accusait de corruption. À peine sorti du tribunal, le ministre fait face à de nouveaux scandales. Ces révélations pourraient bien entacher sa carrière politique.

Roadkill, la nouvelle minisérie politique en quatre épisodes de David Hare, scénariste et dramaturge nominé aux Oscars, est un spectacle élégant et mystérieux. Des costumes sombres et des voitures blindées glissent dans la grisaille anglaise. Dans cette étreinte du familier, nous retrouvons des figures typiques: le rédacteur en chef bourru et macho, l’épouse délaissée, la maîtresse insatisfaite. La fiction met en vedette Hugh Laurie dans le rôle du ministre de la Justice dont la vie privée est sous le feu des projecteurs. Avec une bonne dose de suffisance à peine masquée par une fausse humilité, il est habile dans l’art de sourire gentiment à ses électeurs. Le casting compte également Helen McCrory en tant que redoutable Première ministre britannique. Ce sera l’un de ses derniers rôles avant son décès en avril dernier. Alors qu’une série similaire comme House of Cards (qui mettait le paquet sur le machiavélisme) était autrefois considérée comme exagérée, on peut reprocher à Roadkill de se faire écraser par le prisme du monde réel. En effet, l’extravagance de ces dernières années a clairement fait monter les enchères sur la politique en tant que théâtre, provoquant des comparaisons inévitables avec la fiction.

 

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