Rencontre intime avec Gorbatchev

Face à la caméra de Vitaly Mansly, Mikhaïl Gorbatchev se livre comme jamais.

Gorbatchev @prod
Diffusion le 17 août à 20h50 sur Arte

L’image fait presque peine à voir. Un vieux monsieur installé dans son fauteuil, s’endort seul face à la télévision. Lui, c’est Mikhaïl Gorbatchev, ultime dirigeant de l’U.R.S.S. avant l’effondrement du bloc soviétique en 1991. Reconnaissable, surtout grâce à la tache de vin sur son front (il refusait d’ailleurs que ses photos officielles soient retouchées), le père de la Perestroïka est peut-être physiquement amoindri mais n’a rien perdu de sa verve.

Pendant près de deux heures, l’ancien secrétaire général du Parti Communiste, prix Nobel de la paix en 1990 pour ses actions en faveur d’une paix durable, délivre son bilan historique et politique. Un exercice auquel il s’était déjà livré en 2019 dans Rendez-vous avec Mikhaïl Gorbatchev, réalisé par Werner Herzog. Tourné dans une ambiance sombre, sans artifices, ce film propose un ton plus intime. Peut-être parce que le réalisateur, Vital Mansly, et Gorbatchev se connaissent bien. Même si cet entretien vaut évidemment pour le côté politique, ce sont surtout les confidences et anecdotes de celui qui a mis fin à la guerre froide qui retiennent l’attention. Insistant sur son aisance dans les conversations franches, Gorbatchev évoque sa première rencontre en tête-à-tête avec Reagan – le “plus coriace” des dirigeants qu’il a rencontrés – à Genève en 1986. Après ce face-à-face qui ne “présageait rien de bon”, Gorbatchev débriefe sa délégation et parle du président américain comme d’un “vrai dinosaure”. Ces propos seront rapportés à Reagan qui quelques jours plus tard, rendra la monnaie de sa pièce au Russe en parlant de lui comme d’un “bolchevique borné”. Fort heureusement, les choses ont évolué par la suite…

La date de diffusion n’a pas été choisie au hasard: le 19 août, on commémorera les trente ans du putsch de Moscou, un coup d’État mené par les communistes conservateurs, hostiles à l’ouverture prônée par Gorbatchev. Une rébellion très vite maîtrisée mais qui conduira le leader russe préféré des Occidentaux à la démission en décembre 1991. Et au déclin d’un animal politique… Il reviendra – entre autres lors d’une élection présidentielle en 1996 (un échec cuisant, seulement 0,5 % des suffrages) ou pour la création du Parti social-démocrate – sans jamais réatteindre les sommets du pouvoir.

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