Les travailleurs qui venaient de l’Europe de l’Est

L'émigration des travailleurs de l'Est a des répercussions perverses partout dans le monde.

Travailleurs de l'est prod
Diffusion le 10 août à 23h40 sur Arte

 

Appelez cela un jeu de domino ou un jeu de massacre. C’est au choix, selon que vous soyez pragmatique ou plus cynique. Car c’est bien à cela que mène le marché du travail européen actuellement. Les pays d’Europe de l’Ouest voient débarquer des travailleurs venus de l’Est (quand ils ne vont pas les chercher) et par là, une main d’œuvre moins chère. Ce qui, à terme, crée une pénurie de bras dans les pays d’Europe de l’Est eux-mêmes, plus ou moins compensée par l’arrivée de travailleurs asiatiques. Une situation absurde permise par la latitude des pays riches, peu encombrés par cette réalité mise en lumière par le film diffusé ce soir sur Arte. Une enquête mondiale menée par le journaliste allemand Jens Niehuss, qui dévoile encore un peu plus l’aspect inégalitaire du marché du travail. On y croise des travailleurs précarisés utilisés comme de la plasticine par des pays et des employeurs sans scrupules. Et ce n’est pas une formule.

A la base de tout cela, l’absence de vision des pays d’Europe de l’Ouest, comme la Roumanie ou la Bulgarie, non-exempts de tout reproche évidemment. Le chômage de masse, le salaire minimum ridicule et le peu de protection sociale poussent leurs travailleurs à émigrer. Pour le plus grand bonheur de patrons français, allemands, belges ou néerlandais.

Comment prioritiser les enjeux pour parvenir à y répondre ? La question est éminemment compliquée, d’autant que le statu quo profite encore à quelques-uns. Car comme le précise le film, l’immigration des travailleurs de l’Est participe à une croissance importante dans le reste de l’Europe. Ils ne font pas que combler les trous, ils tiennent l’économie de leur pays d’adoption. Qui bien souvent, ne le leur rend pas.

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