Depardieu, l’ogre du cinéma

Acteur hors norme, boulimique du grand écran, l'homme fascine autant qu'il déconcerte.

Depardieu @belgaimage
Diffusion le 26 juillet à 22h10 sur La Une

 

Est-il encore possible de définir Gérard Depardieu, tant le comédien semble devenu insaisissable? Si les cinquante années de carrière et les 200 films qu’il affiche au compteur suscitent le plus grand respect, son comportement sur les plateaux et en dehors défraie la chronique depuis plusieurs années. Entre son exil fiscal rocambolesque dans la petite commune belge de Néchin, son amitié revendiquée pour Vladimir Poutine suivie de l’acquisition de la citoyenneté russe, sans parler de son goût très prononcé pour les bonnes bouteilles, Depardieu amuse les uns autant qu’il peut irriter les autres. Et ses voyages en Tchétchénie, Biélorussie et en Corée du Nord, des pays pas franchement réputés pour leur démocratie, n’ont rien arrangé. “Il est fasciné par la puissance. On peut juger ça moralement, mais Gérard a peu de rapports avec la morale. Il n’est pas immoral, mais il est au-delà de la morale”, estime un de ses amis d’enfance.

Et c’est probablement dans l’enfance, comme souvent, qu’il faut chercher la source du comportement de l’acteur. Une jeunesse à Châteauroux, livré à lui-même, avec un rapport à la liberté et sans interdits parentaux qui ont façonné définitivement son caractère. Avec les témoignages de proches, dont celui de son frère aîné Alain, le documentaire Depardieu, l’homme sans limites tente de cerner un peu mieux la personnalité si atypique de ce monstre sacré. “Dans cette expression, il y a « sacré », mais aussi « monstre ». C’est un ogre, Depardieu!”, juge un critique ciné. Une boulimie à l’écran comme dans les plaisirs de l’existence que le comédien assume pleinement : “Malgré mes excès, mon appétit et mon amour de la vie, je suis un être libre.” Libre de par Dieu et devant les hommes.

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