Jean Gabin, l’homme de la terre

Amoureux du sol, Jean Gabin s’est bâti un domaine entier dans l’Orne, avec vaches et chevaux.

Une maison un artiste prod
Diffusion le 18 juillet à 22h35 sur France 5

 

La graine a été plantée durant son enfance. Alors qu’il vivait à Mériem, dans le Val d’Oise, et que ses parents artistes étaient souvent à Paris, Jean Gabin a beaucoup appris en compagnie de sa sœur Madeleine et de son beau-frère, avec qui il a rapidement partagé la passion de la terre. Plus tard, à son retour de la Deuxième Guerre Mondiale, et alors qu’il traverse une période creuse devant la caméra, Gabin envisage de se rapprocher de cette campagne et de son sol. Il rachète 45 hectares de terrain dans l’Orne – là où il ne fait pas trop chaud – qu’il rase avant de reconstruire à son goût. Il lui faudra plusieurs années pour passer du Haras de la Pichonnière à la Moncorgerie. Passionné de terre et d’animaux, l’acteur devient ainsi agriculteur, éleveur de bovins – il en possède 230 – et gestionnaire d’un haras d’une quinzaine de pur-sang. À quelques kilomètres de là, il fait même construire son propre champ de course, à son nom. Son domaine frôle alors les 300 hectares.

Sa maison est robuste, constituée de pierres du pays. Elle comprend plusieurs chambres d’amis dotées de cabinets de toilettes cachés dans des armoires normandes. Le confort est rustique, mais l’accueil est de grande qualité : lorsque Lino Ventura, Bernard Blier ou Michel Audiard débarquent chez Jean Gabin, ça part en petit salé aux lentilles ou en cuissot de sanglier et ça discute de scénarios pour le futur. Mais la Pichonnière est aussi un havre de paix pour vivre tranquillement en famille. Un héritage pour ses enfants “qui seront mieux assis avec les terres qu’en s’appelant “Gabin””, souriait l’intéressé. “La chance qu’on avait, c’est qu’il avait décidé d’avoir sa vie professionnelle et sa vie privée ”, explique son fils Mathias Moncorgé, qui savait ainsi que son père ne travaillerait pas à Noël, au Nouvel An, à Pâques et pendant l’été. “De toute façon, il était persuadé que ça allait s’arrêter”, poursuit-il, en référence au cinéma.

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