De What Drives Us à America: le film: le meilleur du streaming à rattraper ce week-end

Vous cherchez des idées de films, de séries, de podcast ou de docus à découvrir ou à rattraper? Allez, suivez le guide.

@Adobe

@D.R.Amazon Prime

What Drives Us 

Interrogez n’importe quel apprenti rockeur, il vous dira que le véritable examen de passage se déroule lors de la première tournée. Celle-ci se fait généralement à bord d’une camionnette pourrie, la tête collée contre une cymbale de batterie et les jambes emprisonnées entre deux étuis de guitare, sans argent et parfois sans public dans des salles paroissiales à Plouc City. Entre mythe et romantisme, il y a une réalité admirablement contée par Dave Grohl (photo.) Figurez-vous qu’il a racheté pour une poignée de dollars le vieux van bringuebalant dans lequel il a tourné pour la première fois aux États-Unis avec son groupe Foo Fighters. Le moteur fait des ratés, il y a des fuites d’huile, la climatisation est morte, mais il reprend la route pour interviewer
Ringo Starr, Brian Johnson (AC/DC), The Edge (U2), Flea (Red Hot Chili Peppers), Lars Ulrich (Metallica) ou encore St. Vincent. L’humour de Grohl, les souvenirs enfouis de ces stars et des questions qui désarçonnent (“Quel membre du groupe pétait le plus dans le van?”) font de ce documentaire une tranche bienveillante de rock and roll comme on a peu l’habitude d’en voir. The Edge raconte ainsi que les jeunes membres de U2 ne connaissaient qu’une chanson (Show Me The Way de Peter Frampton) quand ils ont donné leur premier concert. St. Vincent se souvient d’un musicien qui “puait bien au-delà du seuil de tolérance”. Ringo Starr revient sur une nuit dans le brouillard anglais où les jeunes Beatles ont failli voler dans le décor. Se déplaçant aujourd’hui dans des jets privés et des limos, ces artistes évoquent leur “première fois” avec tendresse. Aucun ne regrette, tous sont conscients de faire le plus beau métier du monde et que celui-ci s’exerce en tournée vingt-quatre heures par jour. “Soit deux heures de show pendant lesquelles on prend son pied et vingt-deux autres à tailler la route en écoutant les blagues débiles d’un technicien, en se retenant de pisser jusqu’à la prochaine station-service et en bouffant des fish & chips de merde dans un restoroute.” It’s only rock and roll but they like it… – L.L.

@D.R.Arte.tv

Hamishim cinquante

On aurait tort de ranger Hamishim Cinquante dans le rayon ”pour filles”, sous prétexte que son personnage principal est une veuve de quasi 50 ans et que son propos fait la part belle aux rencontres amoureuses et à la sexualité. Elle est à la fois singulière et universelle. Écrite par la romancière et scénariste Yael Hedaya (Valley Of Tears, BeTipul), elle porte la marque de fabrique des séries israéliennes: du ton, des caractères forts, de l’humour pince-sans-rire, de l’introspection, le sens du sujet différent et l’art du rythme dans le drame comme la comédie. Son héroïne, Alona (l’excellente Ilanit Ben-Yaakov, portant fièrement sa chevelure poivre et sel… ce qui suffit déjà à montrer une autre vision de la société) élève seule ses deux filles (11 et 20 ans) et son fils (17 ans, atteint d’un trouble de l’attention). Elle s’est fixé deux objectifs: coucher avec un mec et vendre sa série, qui met en scène une MILF de la cinquantaine (on voit venir la mise en abyme avec délice). Durant huit épisodes, on va la voir naviguer entre les différents obstacles de son existence (ses enfants, l’école, le budget, le déclin de son papa, la fertilité, les troubles de la ménopause, le regard des autres, dans le boulot comme en famille, sur une femme de presque cinquante ans…), dans un faisceau bien foutu d’intrigues entremêlées, ponctuées de scènes de comédie irrésistibles et de répliques bien tapées. Hamishim nous parle de la vie, de la peur du temps, de la difficulté d’élever des ados en solo, du passage des générations, avec des mots justes. On sourit, on s’esclaffe, on noterait bien quelques répliques… mais on s’émeut aussi de voir la dureté d’une existence pourtant ordinaire mais, comme beaucoup, consacrée aux autres plus qu’au soin de soi. Le monde est cruel pour les femmes. Mais, comme Alona, elles tiennent bon. Et elles trouvent même la force d’en rire. – H.D.

@D.R.

Amazon Prime

Florence Foresti: Épilogue

Un spectacle qui épate, non pas par sa fraîcheur, mais par le vent de nostalgie qu’il amène. Florence Foresti fait son grand retour sur Amazon Prime avec Épilogue. Il y a trois ans, lors de la captation de son spectacle, elle assurait à ses fans que le titre n’indiquait en rien la fin de sa carrière. Mais depuis, les choses ont changé. L’humoriste a dû mettre en pause ses spectacles à cause de problèmes de santé, puis la crise sanitaire a mis à mal tout le secteur culturel. Dans Épilogue, Florence Foresti évoque son expérience de quadra dans la société actuelle. Elle évoque le décalage dans l’utilisation d’Internet entre les différentes générations, fait de l’autodérision en montrant ses photos sur Google, mais aborde aussi des sujets plus sensibles, comme sa place dans le mouvement #MeToo et les différences de perception entre les hommes et les femmes. Pas très original, Épilogue sera idéal pour se divertir cet été. – A.F. (st.)

@Belgaimage
Auvio

La folie des années 80

Le mariage de Diana et Charles, le triomphe de la gauche en France, l’arrivée du CD, le drame du Heysel, l’explosion du jeu vidéo… Les années 80 n’ont pas manqué d’événements, certains changeant à jamais le monde tel qu’on le connaissait. Une période charnière dont on se souvient finalement peu, la réduisant souvent à quelques tendances. Ce qui ne sera plus le cas après l’écoute des neuf épisodes de La folie des années 80 proposés par La Première. Cécile Poss et Marion Guillemette ont suivi la stricte chronologie et présentent une année par épisode. Chacun est nourri par de fabuleuses archives sonores et éclairé par le témoignage de spécialistes. On réentendra avec une certaine nostalgie Coluche annoncer sa candidature à la présidentielle (“Tous ensemble pour leur foutre au cul avec Coluche. Le seul candidat qui n’a aucune raison de vous mentir”), les premières notes de Thriller, premier tube à sceller le mariage entre musique et image… Une véritable leçon d’histoire où on ne voit pas le temps passer… – V.V.

@D.R.Netflix

America: le film 

Une satire de la révolution américaine avec au programme un loup-garou, un homme-cheval robotisé, et d’autres éléments loufoques Dans America: le film, George Washington, corps d’athlète et répliques vieillottes, apparaît comme un héros stéréotypé du cinéma hollywoodien. Opposé à la colonisation britannique, il veut se rebeller contre les Anglais, mais ne peut le faire seul. Armé de ses tronçonneuses, il part à la recherche d’une équipe capable de l’aider dans sa quête. Il rencontre alors des personnages importants de cette période des États-Unis, tous parodiés. Disponible sur Netflix, America: le film jongle entre humour vulgaire, scènes de violence explicites et références culturelles intemporelles. Réalisé par Matt Thompson – connu pour sa série Archer -, et produit par Christopher Miller et Phil Lord – c’est le même duo derrière La grande aventure Lego -, ce film d’animation offre une distribution vocale impressionnante, avec la participation de Channing Tatum, Bobby Moynihan, Judy Greer, Simon Pegg et Andy Samberg. Qu’on aime ou qu’on n’aime pas, America: le film ne laisse pas le spectateur indifférent. – A.F. (st.)

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