Tac au tac: Moundir Zoughari

Découvert dans Koh-Lanta où il a marqué les esprits, l’animateur télé raconte sa vie dans Père et fils.
 

@ Isopix

Vous avez fait un gros Covid assez pénible il y a quelques mois. Comment allez-vous aujourd’hui?
Beaucoup mieux. On tient le bon bout avec l’entraînement et la rééducation.

Vous publiez un livre – Père et fils – dans lequel vous racontez votre histoire et celle de votre famille. Pourquoi? Vous vous considérez comme un exemple?
Je ne sais pas si je suis un exemple. Ce livre est né après une très belle rencontre… Un jour, lors d’un dîner entre amis, je rencontre une dame, on discute de nos origines, de nos parcours respectifs et elle me dit qu’elle aimerait que j’écrive un livre sur mon parcours, c’était la directrice des éditions Robert Laffont.

Olivia Karam vous a aidé à écrire le livre puisque – vous le dites d’emblée – vous avez une orthographe déplorable…
Mais totalement! Je n’étais pas très doué à l’école. À l’école, j’aimais le sport, l’histoire, mais j’étais un grand rêveur. Pour moi, le français et les maths, c’était comme manger des épinards ou des choux de Bruxelles: j’ai horreur de ça.

Qu’est-ce que la célébrité vous a apporté?
La célébrité n’apporte rien, c’est juste une vitrine qui ne vaut pas grand-chose. Ce qui m’a apporté des choses, c’est le travail…

Qu’est-ce que le poker vous a apporté?
Ah, le poker… Le poker m’a apporté une façon de développer un certain sens de l’observation, de la patience, du calcul.

Vous qui avez réussi grâce à Koh-Lanta, pensez-vous qu’il y a une différence de traitement entre les femmes et les hommes dans le business de la téléréalité?
Je pense que les femmes n’ont pas le beau rôle en tant que candidates, on ne les met pas assez en valeur, on ne leur donne pas un rôle majeur – c’est sans doute à l’image de la société…

Vous dites que vous avez du charme… Vous avez confiance en votre charme?
C’est le problème de l’ego. Tu sais pourquoi? Parce que j’ai eu tellement de refus… Je voulais faire mannequin parce qu’on gagne de l’argent… Et quand j’arrivais, le mec me disait: “Vous êtes trop gros”… J’allais à la salle, je m’entraînais comme un malade, j’y retournais et le mec me disait: “Votre prénom, il est trop typé”…

Vous êtes Français né de parents algériens. Votre expérience la plus raciste?
Les démarches que j’ai dû faire pour trouver du travail… À chaque fois, on me demandait l’origine de mon prénom, je trouve ça déplorable…

Lorsqu’on est un fils d’immigré ouvrier, on vous demande de raser les murs?
En tout cas, les portes ne s’ouvrent pas facilement. Et à partir du moment où les portes ne s’ouvrent pas facilement, c’est qu’on vous demande de rester à votre place. Mes parents immigrés en France, face à ce qu’ils devaient subir, ils disaient oui… Moi, je suis né en France et donc je dis non…

C’est vrai que des femmes vous ont proposé de l’argent pour coucher avec vous?
Oui, ça faisait partie du package: quand on s’entraîne beaucoup et qu’on mise sur le physique, des gens ne font attention qu’à votre physique…

Être payé par une femme, vous avez toujours dit non…
On avait une éthique à la maison. À partir du moment où on fait ça, c’est qu’on renie ce qu’on est…

Père et fils, Robert Laffont, 180 p.

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