Gerda Taro, la photographe militante

Découverte de la vie et de l’œuvre de Gerda Taro, pionnière du photojournalisme engagé.

Gerda Taro Arte

Diffusion le 25 juin à 22H20 sur France 5

Fin de l’été 1937. Robert Capa est à bord d’un bateau qui navigue vers New-York. Il sort de plusieurs mois de couverture conflit civil espagnol avec sa compagne, Gerda Taro. Le photojournaliste ne se rend pas aux États-Unis pour le plaisir, mais pour préparer un livre qui rassemblera les clichés pris par le duo au cours de cette guerre… qui a coûté la vie à Gerda.

Capa ignore alors certainement que son nom va rapidement avaler celui de sa petite amie, qui disparaît du travail journalistique présenté à travers le monde durant un bon demi-siècle. Une question de prestige masculin, sans doute…

Aujourd’hui, c’est pourtant au International Center of Photography de New-York que repose l’essentiel de l’œuvre de Gerda Taro, née Gerta Pohorylle à Stuttgart. Issue d’une famille juive, fan de jazz, passionnée par les langues, Gerta connaît comme beaucoup un tournant lors de l’arrivée d’Hitler au pouvoir en Allemagne. Arrêtée pour avoir distribué des tracts anti-nazis, elle passe deux semaines en détention, ce qui la force à quitter son pays, direction la France et Paris. C’est là qu’elle rencontre Endre Friedmann, petit photographe hongrois qui ne s’appelle pas encore Robert Capa, mais qui va l’initier à la photographie.

Il ne lui faudra pas plus de quelques mois pour se lancer dans l’aventure et franchir la frontière espagnole pour devenir photographe militante. Parce que Gerda n’était pas neutre: elle était engagée auprès des Républicains espagnols qu’elle soutenait sur le front à travers ses clichés, qui racontent aussi bien la folie des hommes que l’idéal de fraternité. Gerda Taro n’avait pas 27 ans quand elle est décédée, renversée par un char républicain. Son existence raconte pourtant mieux que personne la première partie du XXe siècle qu’elle a traversée en tant que femme libre, activiste et talentueuse. Une existence redécouverte il y a peu au Mexique grâce à une valise contenant 4.500 négatifs.

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