Le film du jour: Tenet

Passé, présent, avenir: Christopher Nolan, le réalisateur de Tenet adore jouer avec la temporalité dans ses films.

Tenet Prod
Diffusion le 19 juin à 20h30 sur Be1

Memento, sa deuxième réalisation, nous mettait dans la même situation que le héros, dénué de mémoire à court terme, en faisant progresser la narration à rebours. Une prouesse en matière de montage pour ce film, dont une version inversée – et donc dans l’ordre chronologique normal– disponible sur certaines éditions DVD démontrait à quel point le scénario tenait parfaitement la route. Cette obsession liée au temps, Nolan en a fait une des composantes essentielles d’une bonne partie de son œuvre, semblant à chaque fois creuser encore un peu plus profondément dans les méandres de son imagination, à l’instar d’Inception ou d’Interstellar.

Et d’inversion il est à nouveau question dans Tenet, au titre en forme de palindrome révélateur. Car le personnage principal, appelé le protagoniste, doit faire face à une menace redoutable: empêcher la Troisième Guerre mondiale que veulent provoquer des forces mystérieuses qui maîtrisent le renversement temporel. C’est ainsi que le héros se retrouve confronté au principe de l’inversion de l’entropie des objets et des actions, dans lequel l’effet précède la cause.

Si vous n’avez pas compris grand-chose au film lors de sa sortie en salles, rassurez-vous: vous n’êtes pas tout seul! Car Tenet nécessite souvent deux – voire plusieurs – visions, pour tenter de mieux en cerner les ressorts scénaristiques. Or, le récit a les défauts de ses qualités (et inversement, forcément): extrêmement complexe, il risque de larguer le spectateur à plus d’une reprise, avec pour conséquence de ne profiter pleinement que des scènes d’action pure. Nolan, il est vrai, y a mis le paquet pendant 2h30, avec des séquences époustouflantes à la James Bond qui ne déplairaient pas au célèbre 007. Réputé pour mettre peu de scènes coupées dans les bonus de ses dvd, car tout ce qu’il a écrit se retrouve intégré dans ses longs-métrages, Nolan explique que “c’est sans doute pour cette raison que mes films sont de plus en plus longs”. Une question de temps, encore et toujours!

Sur le même sujet
Plus d'actualité