Le Festival de Cannes, une affaire d’état(s)

Le plus grand festival de cinéma au monde a longtemps été tributaire des pays qui y participaient.

Cannes RTBF
Diffusion le 19 juin à 20h40 sur La Trois

La Croisette trépigne d’impatience: dans quelques jours, le 6 juillet, la 74e édition du Festival de Cannes va être inaugurée, après une édition 2020 annulée pour cause de pandémie. Le retour des festivaliers sur la Côte d’Azur fait naître l’espoir d’un retour à une vie plus ou moins normale pour l’industrie cinématographique. La Belgique y sera d’ailleurs bien représentée dans les différentes compétitions, entre autres avec Les intranquilles de Joachim Lafosse, en lice pour la Palme d’or.

Mais si, de nos jours, le comité de sélection cannois choisit sa sélection en toute indépendance (hormis un certain quota de films français), il en allait tout autrement pendant les 26 premières années de la manifestation. En effet, tout film projeté devait préalablement être validé et sélectionné par son pays producteur. Mieux encore: le comité du Festival se réservait le droit de refuser l’admission d’un film s’il le jugeait de nature à blesser le sentiment national d’un des pays en compétition!

Censure, vous avez dit censure? Alain Resnais en fera plusieurs fois les frais; Hiroshima mon amour, Nuit et brouillard ou La guerre est finie n’ayant pas l’heur de plaire à différentes délégations. Chaque sujet sensible du moment – la Seconde Guerre mondiale, la décolonisation, la guerre froide… – étant susceptible de froisser l’un ou l’autre pays en compétition.

Il faudra attendre 1973 pour mettre enfin un terme à ce système devenu heureusement impensable aujourd’hui sous nos latitudes, même si la cancel culture et les susceptibilités exacerbées prouvent que le danger n’est jamais totalement écarté. Retour aux sources revient sur cette période étonnante avec un docu passionnant suivi d’un entretien avec le critique Hugues Dayez et l’avocat et écrivain Alain Berenboom. Cannes, quel cinéma!

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