Jodie Foster, un pied dedans, un pied dehors

Portrait nuancé de l’actrice-réalisatrice américaine Jodie Foster, passée de “la petite fiancée de l’Amérique” à l’égérie de la contre-culture, avec la ferme intention de garder le contrôle de sa vie.

Jodie Foster Arte
Diffusion le 13 juin à 22h45 sur Arte

Je ne me souviens pas de ma vie avant les plateaux de tournage ”, disait Jodie Foster il y a quelques années à une journaliste américaine. Toute jeune déjà, cette grande actrice cérébrale faisait montre d’une maturité étonnante. Née (en 1962) à Hollywood, elle en connaît tous les rouages et pose depuis longtemps sur l’usine à rêves un regard à la fois lucide et un brin ironique. A 13 à peine, lorsqu’on lui demande si “c’est horrible de grandir à Los Angeles”, elle répond: “Un peu difficile. C’est une société de loisirs. A Los Angeles, tout le monde parle de cinéma et ce n’est pas un sujet très adulte, il me semble”. Il n’empêche que Jodie n’échappe pas à son destin.

Sa mère court les castings avec ses enfants et à trois ans à peine, à l’âge des premiers souvenirs, elle devient le visage d’une publicité pour de la crème solaire. Elle sera une enfant star. Mais sa mère n’est pas une stage mother (coureuse de castings) comme les autres. Cinéphile aiguisée, fan de Nouvelle vague française (qu’elle fait voir à ses enfants quand elle ne les emmène pas dans des manifs pour les droits des minorités raciales et sexuelles), elle a le sens des affaires et des tendances du moment.

Les choses s’enchaînent très vite. Foster signe avec Disney, devient l’égérie d’une belle Amérique aux valeurs familiales. Tourne dans les séries-phares Bonanza et Kung-fu. Puis virage à 180 degrés, elle incarne la jeune prostituée dans l’immense Taxi Driver de Scorsese. Le rêve américain se casse la figure, le cinéma de la contre-culture a le vent en poupe et Foster devient sa figure de proue. Jusqu’à la folie: en 1981, un déséquilibré tenter d’assassiner Reagan “pour elle”.

La suite? Icône influente du cinéma, Foster incarnera toujours des femmes battantes (comme Clarice du Silence des Agneaux), avec un mot d’ordre: résister au grand cirque de la célébrité et protéger sa vie privée. En mordant, s’il le faut.

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