Soirée John Carpenter sur Arte

Après la diffusion de New York 1997, Arte met la loupe sur John Carpenter, qui symbolise à lui seul une certaine idée du cinéma fantastique américain, à travers un docu tout en sensations.

Carpenter Arte
Diffusion le 7 juin à 20h55 sur Arte

Comme pour Cimino la semaine dernière, c’est sur la route que l’on fait plus ample connaissance avec le cinéma de John Carpenter, grand maître es fantastique, qui a commis les films parmi les plus terrifiants du cinéma américain des années 70 à 90 surtout (Halloween et les célèbres cris de Jamie Lee Curtis, Fog, Christine et sa voiture jalouse et tueuse, The Thing, Prince des ténèbres, New York 1997).

Moustache et cheveux blancs, le cinéaste, scénariste, compositeur et producteur de la Grosse Pomme (il est né à New York en 1948, faites le compte) nous balade en voiture sur les lieux cultes de ses tournages, pestant sur ce que les promoteurs, si ringards à ses yeux, font subir à l’architecture de Los Angeles. L’homme s’est installé à Hollywood en 1968 et ne pourrait vivre ailleurs: “Quand je suis arrivé ici, c’était la grande période des drogues. Les Doors jouaient sur un coin de rue, Frank Zappa, en face, c’était une autre époque, bien plus fun“.

Le ton est donné. La sensation semble primer. Il en sera ainsi de son cinéma, arguant que “Les Américains ne sont pas des intellos, ce sont des voyous!”. Et c’est ce qu’il va leur donner: un cinéma de genre qui pianote tout en subtilité sur la gamme des peurs. Mais les débuts ne sont pas faciles, malgré la réussite relative de Dark Star en 1975. Le cinéaste va collectionner les déboires avec les majors hollywoodiennes, ce qui ne manquera pas d’aiguiser son statut de franc-tireur du ciné indé.

Nourri au cinéma classique de Hawks dont il revisite avec génie le chef-d’œuvre Rio Bravo dans Assaut, Carpenter n’a de cesse d’interroger et de redéfinir la géographie de la peur, avec une économie de moyens esthétiques qui selon Nicolas Saada (un des nombreux intervenants intéressants de ce doc ”road movie ”) en assure la singulière efficacité. Plus qu’un cinéaste doué, Big John s’avère être un authentique auteur de genre. Bienvenue dans le monde des mythes, des fantômes, des leurres et des peurs.

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