Annelise Hesme: « Nina, c’est une perfusion d’humanité »

Nina est de retour dans une sixième et dernière saison riche en émotions. L’infirmière la plus célèbre de France apprend que l’hôpital risque de fermer et découvre qu’elle est enceinte. Annelise Hesme évoque son émotion avant de rendre sa blouse.

@ France 2

Dans quel état d’esprit se trouve Nina dans cette nouvelle saison?
Elle va vivre en quelques mois ce que beaucoup de gens vivent en 30 ans. Elle apprend sa grossesse ainsi que la maladie d’Hugo qui est en danger de mort. C’est assez bouleversant mais elle continue à avancer. Elle est quand même soutenue par Costa, son ex, qui fait son retour. Leur relation d’amitié sans ambiguïté est très belle. Costa lui promet d’être là quoi qu’il arrive.

Le chef de service Proust passe ses nerfs sur tout le monde mais jamais sur Nina…
Elle était terrorisée en première saison, mais leur rapport a changé. C’est un homme qui a été façonné par son éducation. Il pense qu’il doit gueuler pour se faire respecter. De temps en temps, la carapace craque. Nina sait que dans le fond c’est un nounours qui ne veut rien montrer. Il fait aussi partie de cette génération d’hommes devant être virils, ne pas pleurer. Mon personnage a de la fraternité et de la sororité avec tous ses collègues. Être féministe, c’est avant tout être humaniste et en aucun cas détester les hommes. Nina, c’est une perfusion d’humanité. Elle a de belles valeurs.

Nina, c’est un peu vous?
Je suis hypersensible et comme elle, j’ai beaucoup d’empathie. Faire sourire les gens qui se sentent seuls, ça me rend très heureuse. Mon hypersensibilité, ça va presque jusqu’à ne pas tondre mon gazon parce que je ne veux pas faire de mal aux pâquerettes. Ce n’est pas être niais ou fragile mais être touché par tout ce qui est vivant. Comme elle, je ne laisse rien tomber. Parfois je suis plus révoltée que Nina elle-même.

Les infirmières sont-elles considérées à leur juste valeur?
Ce sont des héroïnes et je n’ai pas attendu le Covid pour les applaudir. J’ai plusieurs soignants dans la famille. En temps de crise sanitaire, parler de guerre est dangereux. Un héros sauve sa patrie mais ne demande pas d’argent. Le gouvernement fait passer l’argent avant l’humain. Dans la série, on ne peut pas être aussi politisé et engagé que je le suis. Les soignants courent toute la journée et c’est un sacerdoce. Nina n’est sans doute pas représentatif de ce qui se passe à l’hôpital, mais la série fait du bien. Les soignants aimeraient être aussi à l’écoute que Nina, mais ils n’ont plus le temps de parler aux patients.

Nina, c’est vraiment fini?
À moins d’un changement de direction à France 2, c’est terminé. La chaîne privilégie les séries policières et on n’a pas fini d’en voir. Je n’ai pas compris pourquoi on arrêtait une fiction qui marchait. On formait une bonne équipe et on était vraiment émus. On a ressenti de la tristesse un peu comme à la fin d’une colo. J’ai été vraiment triste pendant quelques jours. Puis, comme Nina, je me suis remise en selle. – A.M.

Un projet en famille

Après le tournage de la dernière saison de Nina fin 2019, Annelise Hesme n’a pas eu le temps de gamberger. “J’ai participé à une nouvelle série, Le code, dans le milieu des avocats.” Elle a également donné la réplique à Camille Lou dans la série J’ai menti, prochainement sur France 2. “Je viens de terminer un unitaire magnifique. On n’efface pas les souvenirs avec Sam Karmann. Et en ce moment je tourne Week-end Family avec Éric Judor que je retrouve dix ans après Platane.” La fiction est une passion partagée avec ses sœurs qui travaillent sur un projet commun. “Ma grande soeur Élodie a travaillé autour du premier soulèvement féministe, dans une usine de porcelaine, d’ouvrières à Limoges, en 1905. Elle a écrit le roman et la série. Si on trouve un diffuseur, j’aimerais jouer dedans avec ma petite soeur Clotilde.

Nina, mercredi,  21h05 sur France 2
 

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