La série du jour: Maroni, le territoire des ombres

Dès sa première saison, il y a deux ans, Maroni avait frappé le public et la critique par son ambiance de polar rongée par le surnaturel. La seconde conserve le ton. mais pas les teintes.

Maroni ARtE
Diffusion le 20 mai à 20h50 sur Arte

On avait quitté la jeune gendarme Chloé Bresson (Stéphanie Caillard) en Guyane, à la recherche de son coéquipier disparu. Le deuxième volet démarre dans la continuité, mais marque pourtant la rupture.

Chloé est en effet de retour dans sa terre natale, à Saint-Pierre-et-Miquelon et en Terre-Neuve. On le découvrira au fil du premier épisode (les scénaristes ont l’art de ne pas expliquer, pour mieux nous obliger à réfléchir au fil des images et des rencontres): sa mère, commandante de la brigade locale, vient de se suicider. Elle doit non seulement affronter le deuil, alors que tout son esprit est tourné vers Cayenne et les recherches de son partenaire, mais aussi gérer son frère, François (Axel Granberger), son frère, en situation de handicap. Elle ne rêve que de repartir. mais se trouve plongée dans une affaire de meurtre.

A nouveau, on verra la confrontation entre la raison et la culture insulaire, de Saint-Pierre comme de Terre-Neuve. Ici, encore, les six épisodes nous plongent dans une communauté fermée et solidaire, avec ses croyances et le passif de ses membres, tout en non-dits que l’on prend un plaisir de détective à décrypter. Aux paysages vénéneux, aux rouges et aux verts éclatants de la saison 1 (présents, encore dans les rêves et délires de l’héroïne) succèdent cette saison les bleus glacés et les jours sans soleil ni nuit de la “Corse froide” qui abritent ce nouveau drame. Visuellement, la série impressionne, avec des plans comme des tableaux, une esthétique d’angoisse gelée, entre le Fargo des Frères Coen et l’Insomnia de Christopher Nolan. Une vraie réussite. Bonne nouvelle, la saison 1 est disponible en rattrapage sur Arte.fr.

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