D’Innocent au chemin de fer clandestin: le meilleur du streaming à rattraper ce week-end

Vous cherchez des idées de films, de séries, de podcast ou de docus à découvrir ou à rattraper? Allez, suivez le guide.

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Wendy

La vie de Wendy se résume au restaurant un peu miteux que dirige sa mère, à ses deux frères, jumeaux chasseurs de tortues, et au souvenir de Thomas, petit garçon qui voulait devenir pirate et qu’elle a vu un jour monter dans un train à l’invitation d’une ombre. Le gamin n’est jamais revenu et continue à hanter Wendy au point qu’elle lui invente des aventures qu’elle dessine dans un cahier. Jusqu’au jour où le même train passe devant sa fenêtre et qu’une ombre lui fait signe de la suivre. Une grande aventure commence, pour elle et ses deux frères, qui va les emmener sur une île volcanique. Cette déclinaison contemporaine du personnage créé par J.M. Barrie s’enrichit d’une dimension écologique que ni l’original ni la version “fifties” de Disney ne prenaient en compte. Un film destiné à un public jeune et dont la fermeture des cinémas a empêché la sortie à Noël. 

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Amazon prime 

Le chemin de fer clandestin

Portraitiste de l’Amérique noire, le cinéaste américain Barry Jenkins adapte le sixième roman de Colson Whitehead, fresque de l’Amérique esclavagiste, se déployant de manière fictive à travers un réseau ferroviaire souterrain fantasmé par l’auteur, par lequel les esclaves auraient pu fuir le Sud et rejoindre les États du Nord, au lendemain de la guerre de Sécession. On y suit la fuite de la jeune Cora (déchirante Thuso Mbedu), depuis la plantation de Géorgie à travers le Tennessee ou l’Indiana, en dix épisodes baptisés “chapitres”. Autour de Cora, s’aimantent plusieurs personnages fascinants: Joel Edgerton, chasseur d’esclaves adepte de “l’impératif américain”; Peter Mullan, exceptionnel en forgeron mystique; César, dont le deuil amoureux hante Cora, ou l’ambiguë Ethel, institutrice raciste pour la stérilisation des femmes noires. 

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Netflix

Innocent

Harlan Coben a signé pour cinq ans avec Netflix. Ça a déjà donné Dans les bois et Intimidation. Ici, surprise, le générique n’affiche pas Innocent mais El Innocente. Cette mini-série de huit épisodes nous vient d’Espagne. L’action, aux États-Unis dans le roman, s’y trouve donc transplantée. Pour le reste, l’intrigue reste fidèle. Donc haletante. Matéo est un étudiant en droit tout ce qu’il y a de plus banal. Sauf que lors d’une soirée en boîte, il tue accidentellement un jeune homme lors d’une bagarre. Il écope alors de quatre ans de prison… Qu’il purge avant de retourner dans la vraie vie. Il retrouve alors un travail, tombe amoureux, s’offre une maison, s’apprête à devenir papa. Mais le passé de sa femme ressurgit, il se trouve embourbé dans une affaire de meurtre dont il est, bien sûr, le principal suspect. 

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La voix humaine

Je paie cher une joie sans prix… Je ne regrette rien… J’ai voulu être folle et avoir une un bonheur fou”. De cette mini tragédie réaliste en un acte créée par Cocteau en 1930, Pedro Almodóvar tire son premier film en anglais. Habituée des rôles performances (elle fut vampire pour Jim Jarmusch, sorcière du Monde de Narnia ou de Suspiria chez Guadagnino), l’actrice britannique Tilda Swinton succède ici à Anna Magnani et Simone Signoret dans l’interprétation de ce monologue tragiquement banal, celui d’une femme quittée par l’homme qu’elle aime encore. Présenté à Venise, le court métrage couronne l’inspiration récurrente d’Almodóvar pour cette rupture par téléphone, dont la trame constituait le point de départ de Femmes au bord de la crise de nerfs et clôturait La loi du désir. Mais “infidèle par nature” selon ses propres mots, Almodóvar a remplacé le fil du téléphone par des oreillettes de smartphone, et troqué l’émotion mélo de Cocteau pour un film de revanche au féminin. 

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