Génération Mitterrand

Les chaînes françaises célèbrent le 40e anniversaire de l’accession au pouvoir de François Mitterrand.

Mitterrand @Belgaimages
Diffusion le 11 mai à 21h05 sur France 2

Le 10 mai 1981 marque un tournant dans l’Histoire de la République française: un socialiste accède à la présidence. François Mitterrand bat Valéry Giscard d’Estaing au terme d’un scrutin serré, suscitant la folle euphorie de ses partisans qui croient en un changement salutaire… et la crainte des électeurs de droite de voir les chars soviétiques bientôt défiler dans Paris!

Sentiments contradictoires et excessifs qui se tasseront peu à peu, au fur et à mesure que les réalités économiques et géopolitiques obligeront le locataire de l’Élysée à modifier le cap de son programme très orienté à gauche. Mais comment résumer les deux septennats de cet homme au caractère complexe et à la personnalité quasi insaisissable, qui fut adulé ou détesté, mais dont chacun s’accorde pour reconnaître qu’il a marqué de son empreinte la France de la seconde moitié du 20e siècle? Plusieurs documentaires tentent d’en cerner les contours, que ce soit dans une perspective assez large – Mai 81: changer la vie?– ou plus intime, à l’instar de Mitterrand et la télé, commenté par Serge Moati.

Le réalisateur, qui fut un proche de Mitterrand et son conseiller pour l’audiovisuel, y évoque en témoin privilégié le rapport qu’entretenait le président à la télévision de son époque. D’abord très mal à l’aise devant une caméra dans les années 60, l’homme politique s’adaptera au fil du temps à ce moyen de communication devenu incontournable. C’est d’ailleurs avec le même Moati que sera préparé le débat télévisé d’entre-deux-tours en 1981. Coiffé par Giscard sept ans plus tôt, qui lui a asséné le fameux “Vous n’avez pas le monopole du cœur” ainsi qu’un cinglant “Vous êtes l’homme du passé”, Mitterrand a retenu la leçon et prend sa revanche en lançant à son rival: “Il est malheureux que depuis lors, vous soyez devenu l’homme du passif! ” Lui qui, avant d’être élu, disait qu’ “un septennat c’est déjà long, alors vous imaginez, en faire deux! ” cultivera les paradoxes en restant au pouvoir jusqu’au dernier jour de son second mandat, malgré le cancer qui le ronge. Et fera ses adieux au peuple français en concluant son dernier discours télévisé de fin d’année par un vibrant “Je crois aux forces de l’esprit et je ne vous quitterai pas!

Quarante ans après le 10 mai 1981, la génération Mitterrand va pouvoir se replonger dans les souvenirs d’une époque annonciatrice de nombreux bouleversements.

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