Les Cahiers du cinéma fêtent leur septantième anniversaire

En sept décennies d’existence, les Cahiers du cinéma ont révolutionné la Critique. Un documentaire, commenté entre autres par Hervé Joubert-Laurencin, retrace l’histoire de la revue.

Les Cahiers du cinéma France 3
Diffusion le 10 mai à 23h05 sur France 3

Moustique est presque centenaire, mais un autre magazine affiche lui aussi une belle longévité: les Cahiers du cinéma, désormais septuagénaires.

Irrémédiablement associé au courant de la Nouvelle Vague, ce mensuel français n’a pourtant pas de ligne directrice précise à sa création, en 1951. Comme l’écrit Jacques Doniol-Valcroze, un de ses fondateurs, dans le numéro 100 (avec sa couverture spécialement dessinée par Jean Cocteau!): “Les premiers numéros n’apparaissent que comme une suite d’études sérieuses sur le cinéma.” Jusqu’à ce qu’un jeune critique à la plume acérée – un certain François Truffaut – n’intègre la rédaction: “Je constate objectivement, poursuit Doniol-Valcroze, que la parution de son article Une certaine tendance du cinéma français, marque le point de départ réel de ce que représente aujourd’hui les Cahiers du cinéma. Un saut était franchi, désormais il y avait une doctrine: la Politique des auteurs.

D’autres rédacteurs rejoindront peu après le magazine: Claude Chabrol, Éric Rohmer ou Jean-Luc Godard, qui passeront ensuite également derrière la caméra et deviendront les figures de proue de la Nouvelle Vague. Si cette manière novatrice de faire du cinéma enchante les uns, elle a aussi ses détracteurs, qui fustigeront Truffaut et ses confrères en les accusant d’intellectualisme et stigmatisant leur parisianisme ainsi que leurs films jugés ennuyeux.

De même, les Cahiers sont parfois considérés comme prétentieux ou ne promouvant que du cinéma d’auteur fort pointu. C’est ignorer qu’un Godard encensait les films de Jerry Lewis dans les pages du mensuel, estimant que le réalisateur américain était “ le seul à Hollywood à ne pas tomber dans les catégories et normes établies ”. Une chose est sûre: les amoureux du Septième Art ne peuvent que souhaiter aux Cahiers de rester encore longtemps ouverts à la page cinéma.

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