L’enfer du bitume

Une enquête d'#Investigations dénonce l’exploitation des chauffeurs d’Europe de l’Est par les sociétés de transport

Investigations RTBF
Diffusion le 5 mai à 20h20 sur La Une

On les croise tous les jours sur les routes mais bien qu’ils travaillent pour des sociétés de transport belges, les chauffeurs routiers sont souvent originaires d’Europe de l’Est. Ils sont souvent accusés de faire de la concurrence déloyale aux Européens de l’Ouest mais comme le montre la RTBF, ils sont loin d’être les gagnants dans l’histoire.

Sous-payés (400€ par mois pour un Roumain, contre 1.800€ pour un Belge) et parfois non rémunérés pendant les week-ends, ils travaillent pourtant plus, parfois des mois d’affilée, et dans des conditions plus difficiles, tout en étant loin de leurs familles. Les contrôles techniques sont faits à va-vite, au point que certains véhicules n’ont plus de freins opérationnels. Même le repos hebdomadaire de 45 heures hors du camion n’est pas respecté! Mais est-ce que tout ceci est bien légal? #Investigations a mené l’enquête en décortiquant les mécanismes qui permettent aux employeurs belges de traiter les chauffeurs de la sorte. Car dans certains cas, cela s’apparente non seulement à du dumping social mais aussi à de la traite d’êtres humains. La RTBF le montre avec plusieurs témoignages qui débouchent parfois sur des affaires judiciaires.

Le problème, c’est que la législation est trop floue et les contrôles trop peu nombreux. Du coup, rien ne bouge, ou trop lentement! On en arrive à des cas choquants, comme celui d’un ancien chauffeur roumain qui n’a que 185€ de pension invalidité suite à un accident à Anvers, ce qui ne lui permet pas de vivre. ”On montre tout le cynisme de ce système-là”, confie Fabrice Gérard, journaliste qui a travaillé sur cette enquête avec le réalisateur Santos Hevia. Leur investigation est suivie par une autre s’intéressant aux livreurs UberEats et Deliveroo, eux aussi en situation précaire.

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