Le film du jour: Parasite

Satire grinçante sur les inégalités sociales, Parasite a porté le cinéma sud-coréen au sommet.

Parasite Prod
Diffusion le 22 avril à 21h05 sur La Trois

On l’appelle le Pays du Matin calme, mais ce surnom bucolique donné à la République de Corée ne s’applique plus en matière de cinéma, tant les réalisateurs locaux ont bousculé les habitudes depuis une vingtaine d’années. Park Chan-wook (Old Boy), Kim Jee-woon (J’ai rencontré le diable) ou encore Bong Joon-ho (Memories of Murder, The Host) se sont réservé une place au soleil auprès des cinéphiles. Et le même Bong a frappé très fort avec son Parasite qui, non content de remporter la Palme d’or à Cannes en 2019, a raflé l’année suivante une flopée d’Oscars, dont celui du meilleur film, une grande première à Hollywood pour une production en langue étrangère.

Mais ce carton international critique et public est-il si surprenant, tant la thématique de cette comédie (très) noire semble universelle? Une lutte des classes féroce menée par les membres de la famille Kim, au chômage et vivant dans un sous-sol insalubre, qui va peu à peu s’installer au service de la richissime famille Park et déclencher un engrenage infernal. Hormis le constat que cette fable à la fois drôle et cruelle dresse des inégalités sociales, c’est aussi l’image traditionnelle du miracle économique à la sud-coréenne qui en prend un fameux coup. Ce qui n’a rien d’étonnant pour Bong Joon-ho: “Quand j’ai vu La Haine, de Matthieu Kassovitz, en 1995, je n’en revenais pas. Je n’avais jamais imaginé qu’il existait de tels quartiers autour de Paris. Pour moi, jusque-là, Paris c’était les Champs-Élysées et les gens qui buvaient du bon vin en écoutant de l’accordéon! La Corée est un pays riche, certes, mais lorsqu’une nation devient forte économiquement, le fossé entre riches et pauvres a toujours tendance à s’accroître.” Le réalisateur, lui, a su magistralement creuser le sillon d’un succès que rien n’est venu parasiter.

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