Qui rachètera RTL Belgique ?

Une dizaine de candidats sont intéressés parmi lesquels Proximus ou encore TF1.

RTL pourrait bien devenir française ou grecque. (Belga)

La crise sanitaire et le confinement ont des conséquences économiques désastreuses, tant chez les PME et les indépendants que dans les plus grandes entreprises. Parmi celles-ci, RTL Belgique a passé une année 2020 assez compliquée, avec une baisse de 14% du chiffre d’affaires annuel, à cause d’un marché de la publicité très logiquement en berne l’année dernière.

Sa maison-mère, RTL Group, cherche désormais à s’en séparer. En décembre dernier, le groupe avait d’ailleurs racheté les parts des autres actionnaires, devenant ainsi le seul et unique propriétaire de la société belge. Elle comprend trois chaînes de télévision, trois chaînes de radios, un site d’information, une régie publicitaire et depuis peu une plateforme de replay/streaming.

Aujourd’hui, L’Écho dévoile la liste d’une dizaine de candidats à ce rachat, intéressés par cet acteur du paysage médiatique belge francophone.

Tout d’abord, on retrouve assez logiquement des groupes média du pays, dont deux importants en Flandre : SBS Belgium et ses chaînes Vier, Vijf et Zes, filiale de Telenet, ainsi que son grand concurrent DPG Media (VTM, De Morgen, Het Laatste Nieuws…). Pour les deux sociétés, RTL permettra d’avoir enfin une offre médiatique nationale. 

Côté francophone, d’autres groupes de presse sont intéressés, mais n’ont pas les épaules assez solides pour acquérir une telle société seuls. Ainsi, toujours selon L’Écho, Rossel (Le Soir, Sudpresse) pourrait s’associer avec DPG ou même Proximus pour ce rachat. IPM (La Libre, La DH, Moustique) essayerait aussi de dénicher des partenaires.

RTL Belgique pourrait également être bientôt détenu par un groupe d’investisseurs, dans lequel figurerait le groupe de construction Besix, déjà actionnaire de LN24. Il s’agirait d’une initiative du président du conseil d’administration de la chaîne d’information, Philippe Lhomme, président de Deficom (Batibouw, le Crazy Horse, les cinémas Imagix), qui chercherait d’autres sociétés intéressées.

En France, en Grèce, aux USA

Mais la société audiovisuelle privée séduit au-delà des frontières de la Belgique. Outre-Quiévrain, mais aussi bien plus loin.

En France, deux très grands groupes auraient des vues sur RTL Belgique. 

D’abord, Mediawan, des hommes d’affaires Xavier Niel et Matthieu Pigasse, qui possède déjà les chaînes du groupe AB, dont les deux Belges AB3 et ABXplore et des sociétés de production, faisant de l’entreprise un des plus gros fournisseurs de fictions à la télévision française. L’autre groupe qui surveillerait le dossier serait TF1 et son actionnaire Bouygues.

Enfin, beaucoup plus loin, RTL Belgique serait aussi convoité par Québecor, groupe de médias québécois qui possède journaux, chaînes de télé, de radio et sociétés de télécommunication, ainsi qu’Antenna, la plus grande entreprise média de Grèce, derrière la chaîne la plus populaire du pays. Dernier candidat de la liste : Discovery, comme la « channel » de télé du même nom, qui détient également Eurosport et des dizaines d’autres chaînes aux États-Unis et dans le monde.

Initialement, avec l’idée de se concentrer sur l’Allemagne, RTL Group voulait se séparer de M6 et RTL Belgique en les vendant en lot, mais il semblerait que cette offre groupée ait peu séduit. Les deux sociétés sont désormais proposées séparément. Les candidatures sont à déposer avant la fin avril. Côté prix, on parle d’environ 250 millions d’euros pour RTL Belgique.
 

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