Le documentaire du jour: Collective

Nominé à l’oscar du meilleur film étranger, Collective dénonce un scandale d’État avec colère et maestria.

Collective Betv
Diffusion le 18 avril à 22h30 sur Betv

Ce documentaire ode au journalisme tel qu’il doit, devrait, être pratiqué, a déjà été la claque du 35e Festival du film francophone (il avait d’ailleurs ramassé un très mérité Bayard du meilleur scénario). Aujourd’hui, il poursuit sa carrière internationale et récolte les louanges jusqu’aux États-Unis.

Pourtant, a priori, une enquête sur le système de santé roumain, ça n’a pas de quoi faire vibrer les foules. Sauf que le cinéaste allemand né en Roumanie Alexander Nanau (Toto et ses sœurs) a levé un lièvre du genre géant des Flandres. Au fil du visionnage, on pense à The Post ou Les hommes du Président, sauf qu’ici il ne s’agit pas de fiction.

Le point de départ est l’incendie de la discothèque Collectif de Bucarest le 30 octobre 2015. 27 victimes sur place, parce qu’aucune issue de secours n’est prévue… Sauf que le décompte macabre ne s’arrête pas là. Parmi les 180 blessés transportés dans les hôpitaux, on compte ensuite 37 décès. 37 morts, pour cause de brûlures ou d’intoxication à la fumée, affections a priori pas létales. Ce sera le déclencheur. Les lanceurs d’alerte contactent alors un journaliste du quotidien Sports Gazette pour dénoncer un scandale: la société qui fournissait l’hôpital diluait 10 fois son désinfectant.

Démarre une longue série de découvertes enchaînées, qui mettent à jour le népotisme et les conflits d’intérêts qui gangrènent, jusqu’au plus haut niveau, l’appareil d’État roumain. La grande force du film, c’est qu’il ne cherche pas le sensationnalisme. Il rencontre les différentes parties, aussi bien la rédaction et ses journalistes que le nouveau ministre de la santé et reprend tous les événements, arrestations, conférences de presse à l’arrache, débats… En contrepoint, il suit le combat d’une grande brûlée survivante, exemple de courage et de dignité. Il y a de l’espoir dans cette histoire glaçante. Déjà, parce qu’elle peut être racontée.

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