Le film du jour: Light of my Life

Casey Affleck nous raconte une dangereuse errance post-apocalyptique, qui est aussi le voyage intime d’un père vers sa fille.

Light of my life Betv
Diffusion le 13 avril à 20h30 sur Be1

Après avoir vécu quelques années dans l’ombre de son frère Ben Affleck (Argo), Casey Affleck s’est doucement fait un prénom à Hollywood pour s’imposer comme l’un des plus grands et des plus subtils acteurs de sa génération. Donnant aux personnages les plus détestables qu’il a incarnés comme le frère Ford de L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford une telle épaisseur humaine que pour peu, on les prendrait dans les bras. Une performance qui sans le moindre effet de manche a éclipsé Brad Pitt pourtant sur du velours dans la peau du mythique gangster.

Pour Light of my Life, l’acteur aux yeux à la fois curieusement fuyants et perçants va transformer un banal récit de fin du monde en une odyssée humaine d’une remarquable profondeur. L’histoire? Après une pandémie mondiale (on n’y échappe décidément pas!) qui semble avoir éradiqué les femmes de la surface du Globe, un père se retrouve sur les routes avec sa fille Rag à poursuivre un seul but: survivre. Mais leur voyage a tout d’une errance dans la gueule du loup. Car Rag (extraordinaire Anna Pniowski, 13 ans seulement, à jeu égal avec Casey), qui fait figure de dernière femme sur terre, est passée sans transition du statut de l’enfant à celui de proie idéale pour un étrange groupe de poursuivants.

Et dans cette odyssée qu’Affleck à l’extrême intelligence de ne pas mener tambour battant, viennent se poser en creux les questionnements essentiels qui agitent notre humanité, mais sans le moindre prêchi-prêcha: celui de l’identité (Rag est déguisée en garçon pour passer inaperçue), de la masculinité toxique, de la relation parent-enfant (entre la fusion et l’apprentissage d’une liberté qui n’a rien de folichon), du devoir essentiel de ne pas saccager notre Terre-Mère…

Cette ode douloureuse et contemplative à l’humanité et à la Nature (et ce qu’il en reste), au cousinage évident avec La route de l’écrivain McCormack, possède cet étrange pouvoir hypnotique d’agir en vous comme le sursaut sublime du dernier espoir.

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