Le documentaire du jour: Les chemins sacrés

Dans ce film et cette série, Frédéric Lenoir propose un long parcours à la découverte de la beauté du monde.

Les chemins du sacré Arte
Diffusion le 3 avril à 20h50 sur Arte

Les étoiles sont nos grands-mères”, constate Hubert Reeves en clôture du film de Frédéric Lenoir. Il a tout dit. Les chemins du sacré se suit comme un itinéraire spirituel, se vit comme une expérience poétique, esthétique, métaphysique et humaine. On devrait même plutôt parler d’Odyssée du sacré pour qualifier ce documentaire d’une heure et demie et surtout les 5 épisodes de 52 minutes (à voir sur le site arte.tv) qu’il condense.

Le philosophe, sociologue et écrivain nous y dit “comment des individus vivent, aujourd’hui, des expériences qui les relient à une sorte de transcendance, dans des voies spirituelles, qu’elles soient laïques ou religieuses. Le sacré, pour moi, c’est un sentiment universel ressenti face à la beauté du monde et au mystère de la vie, c’est ce sentiment que quelque chose nous dépasse. Le sacré existe en dehors des religions. Mon ami André Compte-Sponville, philosophe athée et matérialiste, raconte dans le documentaire comment il trouve des éléments du sacré en se promenant dans la forêt”. Le voyage de Frédéric Lenoir passe par cinq voies qui toutes amènent des personnes à la transcendance: la nature, la sagesse, la marche, la solitude et la beauté.

Pour chacune, le journaliste a parcouru le globe à la rencontre de personnages extraordinaires, dont les témoignages apparaissent comme des cadeaux: un moine copte au sommet de l’Éthiopie, un guérisseur péruvien, un apnéiste, une guide spirituelle maya qui se connecte au feu des volcans, Matthieu Ricard dans son monastère au Népal, des soufis en pleine danse sacrée, une none Jaïn indienne… L’auteur dialogue, mais ne joue pas les Martin Weill: “Je sais que c’est tendance dans les émissions d’aujourd’hui de faire que les passeurs vivent l’expérience avec les gens qu’ils rencontrent mais j’ai préféré garder la distance de celui qui s’intéresse, qui pose des questions. Arriver dans un monastère et méditer, plonger avec un apnéiste, ç’aurait été un peu faux”.

Toutes ces expériences forment un plaidoyer géant, pour nous inciter à retrouver ce chemin du sens: “Ce qui m’a frappé, c’est la coupure du lien avec la nature en Occident. Lorsque je parlais avec Lance Sullivan, le chaman guérisseur en Australie, il me disait avoir de la compassion pour nous, qui ne parlons plus aux arbres ni aux esprits. J’ai compris à quel point le fait de nous être déliés de la nature nous avait rendus fragiles, vulnérables”.

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