Fabergé, les objets du désir

Les magnifiques oeufs de Fabergé racontent également une histoire épique de la Russie.

Fabergé RTBF
Diffusion le 2 avril à 22h20 sur La Une I

Ils symbolisent en quelque sorte les dernières grandes heures de l’empire. Du début de la décennie 1880 à 1917, un œuf de Fabergé va rejoindre la dynastie Romanov chaque année à Pâques. Un rituel initié par Alexandre III, qui l’offrait à sa femme Dagmar de Danemark – devenue Marie Fedorovna – et reprise par son fils, Nicolas II, en hommage à sa mère et sa propre épouse, Alix. L’œuf porte le message de la résurrection du Christ, il occupe donc une place à part dans la société très orthodoxe de l’époque.

Le premier à rejoindre les Romanov est L’œuf à la poule. En or, recouvert d’une couche d’émail mat et mesurant six centimètres, il cache une sphère en or et une poule aux yeux en rubis qui détenait un pendentif et une minuscule couronne royale.

L’homme à l’origine de cette merveille se nomme Carl Fabergé, un descendant d’huguenots forcés de quitter la France quelques décennies plus tôt. Associé à son frère Agathon, il va bouleverser le marché de la joaillerie via la création de l’industrie du cadeau et le développement de sous-traitants à travers tout le pays. Carl Fabergé va représenter l’histoire moderne et l’atmosphère de cette Russie des tapis de neige aux jours sans fin de l’été. L’œuf au transsibérien compte par exemple une carte du pays sur une bande d’argent. On y devine le plus long trajet de train du monde, alors tout juste créé entre Moscou et Vladivostok. Plus tard, Fabergé crée L’œuf du couronnement avec en son sein une copie du carrosse qui conduisit Alix au couronnement de Nicolas II. Souvent dotés d’une mécanique complexe qui leur permet de s’ouvrir et de s’animer, les œufs parlent de l’Histoire, mais aussi de la fracture entre la bourgeoisie et le peuple russe, abattu par les crises sociales. En trente ans d’activité, l’atelier de Fabergé fabriquera plus de 200.000 objets.

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