Quel avenir pour RTL Belgique ?

Selon nos confrères de l'Echo, la filiale belge du groupe RTL est à vendre. Tout comme les filiales françaises et néerlandaises. « Spéculation », a réagi le CEO d'RTL  Belgique, Philippe Delusinne. Pourtant, le mouvement semble venir de loin.

Belga

Selon l’Echo, RTL Group a mandaté la banque d’affaires JP Morgan pour étudier une cession de ses opérations en Belgique. Le groupe audiovisuel peut se le permettre, depuis décembre dernier, il détient 100% des parts de sa filiale belge après le rachat des parts des actionnaires minoritaires (soit 34% qui étaient aux mains d’actionnaires belges via Audiopresse SA, une société commune aux groupes médias Rossel, IPM et Mediahuis).

Créée en 1985, RTL Belgique compte trois chaînes de télé (RTL-TVI, Club RTL et Plug RTL), trois stations de radio (Bel RTL, Contact et Mint), la plateforme internet RTL-Play et la régie publicitaire IP. La filiale, qui emploie environ 400 personnes et collabore avec une centaine de pigistes réguliers, a connu une année 2020 difficile avec la chute de la publicité durant les premiers mois de l’épidémie. Résultat, son chiffre d’affaire a chuté de 14% à 159 millions d’euros. Pourtant, les audiences sont bonnes et ont même augmenté en 2020 avec 36% de parts de marché.

Le CEO de la filiale, Philippe Delusinne, a réagi dans une communication aux collaborateurs d’RTL Belgium, annonçant que ces annonces n’étaient « à ce stade que spéculation », mettant en avant les bons chiffres d’audience. Bref, il a rassuré son équipe, sans pour autant réagir directement aux annonces de l’Echo. En 2017, 88 employés avaient déjà été licenciés lors d’une restructuration.

Bertelsmann aux commandes

RTL Belgique va-t-elle être revendue ? Toujours selon l’Echo, en tout cas, la chose est décidée. Cette revente devait d’ailleurs faire partie d’un package avec la chaîne française M6 dont le groupe veut aussi se séparer, mais les deux dossiers ont été séparés. La filiale hollandaise de RTL serait également concernée.

Le fait est qu’il y a du mouvement du côté d’RTL Group. Groupe international dont le siège administratif est à Cologne et le siège principal à Luxembourg, il s’agit du plus grand groupe audiovisuel européen. Mais il n’est pas question de s’endormir sur ses lauriers. Son patron, Thomas Rabe, a récemment annoncé que « pour faire face à l’évolution de l’industrie audiovisuelle dans le monde, le groupe RTL (…) instiguera les possibilités de consolidation de ses activités, qui peuvent se présenter sous différentes formes ». Traduction : il est question de transformer le groupe de radio-télévision en un groupe multimédias (TV, streaming, édition et musique) qui se concentrerait sur l’Allemagne.

Sa maison mère, le géant allemand de l’édition Bertelsmann (devenu poids lourd des médias grâce à RTL), a au fil des années repris ses parts au sein du groupe audiovisuel. Aujourd’hui, il est actionnaire majoritaire en détenant plus de 75% des parts d’RTL Group. Thomas Rabe, l’homme fort du groupe est aussi le président-directeur général de Bertelsmann.

Qui pour reprendre ?

Bref, la revente d’RTL Belgique dépendra beaucoup du bon vouloir de Bertelsmann. Et il se dit en coulisse qu’une filiale belge dans un marché si petit que la Belgique francophone, ce n’est pas rationnel aux yeux de son propriétaire.

En cas de vente, qui pourrait reprendre la filiale belge ? Plusieurs candidats sont au portillon : le groupe télé flamand SBS (qui appartient à Telenet), DPG Media (qui détient notamment VTM), le groupe Rossel (Le Soir, Sudpresse), voire TF1.

 

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