La série du jour : Ovni(s)

OVNI(S), la nouvelle fiction de Canal+, est un peu le chaînon manquant entre La soupe aux choux et X-Files. Un ovni, donc.

OVNI(S) Betv
Diffusion le 8 mars à 20h30 sur BeSéries

1978. En Guyane, une fière fusée française s’élève vers les cieux et la gloire. Puis explose en plein vol. Pas de bol. Le scientifique responsable du projet se retrouve muté à Paris, au GEPAN, le Groupe d’études des phénomènes aérospatiaux non identifiés. Voilà le point de départ de cette comédie S-F qui nous entraînera, sur douze épisodes de 30 minutes, dans le sillage de ce cartésien confronté au paranormal.

Tourné en Belgique, l’objet frappe d’abord par son esthétique seventies de la France de Giscard: des téléphones à cadran aux costumes Cardin à pattes d’eph en passant par les Peugeot 504 et les immeubles en béton, tout y est. Melvil Poupaud nous confiait l’inspiration de son personnage: “Pour le côté élégant et sérieux, avec un grain de folie, j’ai pensé à Marcello Mastroianni. J’avais aussi l’idée de Louis de Funès ou Pierre Richard”. Inspirée de faits réels (le GEPAN existe d’ailleurs toujours), l’intrigue loufoque pose aussi des questions existentielles, sur le doute, l’autre et la masculinité. On peut s’amuser à y repérer des références à la pop culture. Il y a évidemment Mulder et Scully en filigrane… Mais aussi Brazil, Hitchcock, Morricone (dans la terrible bande-son au synthé signée Thylacine), Franquin, Abyss, Tati et Spielberg (là c’est carrément explicite). “Les références sont venues durant le tournage, explique le réalisateur Anthony Cordier. Lorsqu’on a vu les objets, on a immédiatement retrouvé des souvenirs de films.

Le duo de scénaristes, dont c’était le travail de fin d’études, insiste sur le caractère personnel de la série: “On n’avait pas envie de refaire X-Files, souligne Clémence Dargent. Il fallait trouver quelque chose de singulier, de français. X-Files est une série sur la parano. Nous, on a fait une série sur l’enthousiasme et la passion”. Son comparse, Martin Douaire complète: “On avait vu des séries sur des univers de bureau empreintes de quelque chose de caustique et de cynique. On voyait qu’il y avait un matériau humain très précieux du côté des enquêteurs plus que des témoins. Les gens du GEPAN, que nous avons rencontrés, nous ont tous dit que les témoins ne mentent pas. Il y a toujours quelque chose derrière leur expérience. On avait envie de ne pas perdre le lien avec la sincérité. L’un des enjeux du ton c’était de rire de ce sujet un peu ridicule sans jamais le rendre ridicule”. Une vraie histoire du troisième type.

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